Revue de presse

Le suicide d’une star de la pop sud-coréenne déclenche une onde de choc

Kim Jong-hyun était le chanteur adulé du «boys band» SHINee. Il avait seulement 27 ans, et ses admirateurs le pleurent depuis lundi comme une victime du système hyper-compétitif de l’industrie musicale d’un pays où les troubles mentaux et la dépression sont tabous

Choc en Asie. Une star de la K-pop sud-coréenne, le chanteur Kim Jong-hyun, 27 ans, immensément populaire dans la région et au-delà, a expliqué dans un message d’adieu qu’il était «cassé de l’intérieur», et il s’est suicidé ce lundi. Star du boys band SHINee qui s’était aussi lancé dans une carrière solo, il a été retrouvé mort dans une chambre d’hôtel de Séoul. La police a indiqué qu’il s’agissait d’une mort volontaire, et le décès a finalement été prononcé peu après l’arrivée de la victime à l’hôpital. Les agents de sécurité ont trouvé une briquette de charbon dans une poêle à frire, une méthode courante de suicide en Corée du Sud.

Une amie proche du chanteur, la musicienne Nain9, a publié quant à elle un message d’adieu mardi sur son compte Instagram, expliquant que c’était ce que Kim lui avait demandé de faire dans l’éventualité de son décès. «La dépression qui me ronge doucement m’a finalement englouti tout entier», lui avait-il dit, ajoutant qu’il ne pouvait «plus la vaincre» et qu’il se sentait «si seul».

Kim avait aussi adressé à sa sœur plusieurs SMS lui disant qu’il s’agissait de son «dernier adieu». Il la priait de le «laisser partir» et de dire qu’il avait «fait un bon boulot». Ce qui l’a conduite à alerter la police et à corroborer ensuite les premières suppositions de l’agence de presse coréenne Yonhap et du site du magazine Variety, cités par le HuffingtonPost.fr.

SHINee, dont la page Facebook et le compte Twitter se sont endeuillés en arborant un carré noir comme image de profil et/ou une photographie du jeune homme avec un hommage en coréen, a fait ses débuts en 2008. Le groupe est ensuite rapidement devenu l’un des moteurs de la vague qui a vu la culture pop sud-coréenne prendre d’assaut l’Asie mais aussi gagner des fans ailleurs dans le monde, à l’instar de Psy et de son fameux «Gangnam Style». Traduite par CNN, l’épitaphe virtuelle dit: «Jong-hyun est le plus grand des artistes. Il aimait la musique plus que n’importe qui d’autre, adorait la scène et aimait communiquer avec ses fans par la musique. Nous nous souviendrons toujours de toi.»

Connu pour ses titres énergiques et ses chorégraphies réglées au millimètre, SHINee constitue l’un des groupes de K-pop les plus connus du monde. Il a publié cinq albums qui ont cartonné en Corée du Sud et à l’étranger, certains arrivant en tête de l’US Billboard World Albums, le hit-parade établi par le magazine de l’industrie musicale. Lequel précise d’ailleurs que c’est le BBC’s Korean Service qui a précisé les circonstances du drame sur le plan international, après avoir repris les infos du Korea Herald.

SM Entertainment, l’agent du groupe, annonce que les funérailles auraient lieu jeudi. «Les membres de SHINee ainsi que d’autres artistes de notre compagnie sont en deuil, sous le choc et dans un profond désespoir», communique-t-il:

Par ailleurs, nombre de stars de la K-pop ont annulé leurs prochaines représentations en signe de deuil. Les réseaux sociaux sont inondés de messages de soutien avec, par exemple, des photos de fans sanglotant devant un mémorial de fortune érigé devant l’ambassade de Corée du Sud… au Chili. Parmi ces messages, celui de @alohokyscxs, qui écrit: «Repose en paix, Jong-hyun. Nous te remercions d’avoir amené tant de couleurs dans le monde de la K-pop. Tu est une des stars les plus talentueuses de Corée du Sud. […] Continue de chanter au paradis. Tu es sous la garde de Dieu, à présent. Tu vas nous manquer.»

Un message publié sur Twitter, auquel répondent de nombreux admirateurs éplorés: «Je ne pensais pas qu’arriverait le jour où tout le monde de la K-pop allait pleurer la mort de Jong-hyun. Une personne adorable. Un mythe. C’est évident que la souffrance mentale n’est pas une blague. L’industrie musicale devrait commencer à faire attention à ses artistes.» Dans ce pays, «être dépressif ou avoir une maladie mentale est considéré comme un tabou […]. Il y a tant de célébrités qui pleurent sans cesse pour qu’on les aide, mais on continue à les ignorer.»

La Corée du Sud connaît en effet l’un des taux de suicide parmi les plus élevés du monde. Les décès de célébrités et personnalités publiques y font souvent la une. Les stars de la K-pop sont la plupart du temps soumises à des années d’entraînement épuisantes dans un environnement extrêmement compétitif où règnent en maîtres quasi autocratiques des agents qui édictent leur moindre ligne de conduite, de leur régime alimentaire à l’utilisation de leur téléphone.

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