Tout a été dit et redit sur les milliardaires dans l’espace. Branson, Bezos, Musk, tout là-haut, dans leurs fusées plus ou moins phalliques et plus ou moins utiles. Enfin presque tout. Heureusement pour moi, qui suis perché un peu moins haut sur un adret valaisan, une clé de lecture semble avoir échappé à tout le monde et je m’apprête à vous la livrer, arvine à la main: fous ou pas fous, mégalos ou pas mégalos, nigauds ou pas nigauds, nos trois ploutocosmonautes ont mis le doigt, de très loin, sur une évidence pourtant immédiate: nous avons toutes les peines du monde à penser le monde autrement qu’à l’horizontale.

C’est d’autant plus surprenant pour nous, les Suisses. Ou du moins pour le gros de la troupe, qui vit en plaine. Nous passons l’hiver et une partie de l’été 1400 mètres au-dessus de chez nous, mais quand il s’agit de nous mettre à penser, sur une carte, nous pensons à plat, comme tout le monde. Le dossier européen, la géopolitique internationale, les flux de marchandises, les franchissements de frontières, deux doses pour aller là, un passeport sanitaire pour passer par ici: tout se passe désespérément en deux dimensions.