Cette crise sans précédent doit nous faire réfléchir à nos institutions. Parmi elles, la présidence de la Confédération qui change chaque année. Ce tournus n’est plus adapté à la réalité d’aujourd’hui. Surtout quand le pays est pris dans une tempête comme celle de la pandémie. Dans ces moments-là, il est fondamental que le chef d’Etat puisse appeler immédiatement ses homologues des pays voisins. L’efficacité de ses contacts dépend en grande partie des relations interpersonnelles qui ont pu être nouées. Simonetta Sommaruga a ainsi longuement échangé avec la chancelière allemande, Angela Merkel, le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, ou encore la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Des liens de confiance ont été tissés. Ils ne serviront plus à rien d’ici à quelques jours.

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Dès le 1er janvier, c’est Guy Parmelin qui deviendra le nouveau président de la Confédération et ainsi il devra à son tour se faire connaître des grands de ce monde. Bien sûr, il pourra compter sur le soutien de l’administration, mais ce n’est pas suffisant.

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Une législature, un président

Le fonctionnement actuel n’est plus adéquat. D’ailleurs, très régulièrement, d’anciens conseillers fédéraux suggèrent de modifier les règles. La dernière en date est Doris Leuthard. Elle propose qu’un trio gère le gouvernement. Il serait composé du président sortant, du président actuel et du vice-président. Selon l’Argovienne, cette formule assurerait une meilleure continuité, une plus grande visibilité et réunirait davantage d’expériences, en particulier en période de crise. Cette proposition ne bouleverse pas le système et pourrait donc être plus facilement acceptable. Dans la même logique, on pourrait aussi imaginer que le vice-président soit davantage associé aux décisions et aux échanges diplomatiques. Ces réflexions sont des premiers pas. Il faut oser aller plus loin: soit une présidence de deux ans ou encore mieux une présidence par législature, selon le modèle vaudois, qui fonctionne fort bien.

Aussi dans les cantons

La réflexion sur la gouvernance ne doit pas se limiter à la Confédération. Si la Suisse a tant tardé à prendre des décisions qui s’imposaient pour faire face à la pandémie, ce n’est pas seulement la faute du Conseil fédéral. C’est aussi, et surtout, dans les cantons que les exécutifs ne parviennent pas à se mettre d’accord et que la collégialité a atteint ses limites. A ce niveau-là également, une réforme est nécessaire.

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