La Suisse et la Chine, des relations commerciales mais aussi d’amitié

Le 14 septembre 1950 – il y a 65 ans jour pour jour – la Suisse et la Chine ont formellement établi des relations diplomatiques. Si nous portons le regard sur l’histoire récente des relations entre nos deux pays, deux éléments se dégagent d’emblée: l’esprit pionnier qui anime nos contacts bilatéraux ainsi que l’intensité et la diversité de notre coopération.

La Suisse a été l’un des premiers pays occidentaux à reconnaître la République populaire de Chine. En 1980, le premier partenariat interentreprises a été créé sous forme de joint-venture entre une entreprise chinoise et une entreprise étrangère, en l’occurrence la société suisse Schindler. Et en 2007, la Suisse a été l’un des premiers pays européens à reconnaître la Chine en tant qu’économie de marché. Une reconnaissance qui a été en définitive le fondement de l’accord de libre-échange entre la Chine et la Suisse entré en vigueur l’année dernière. Il s’agit du premier accord de libre-échange que la Chine ait conclu avec un Etat du continent européen.

L’Asie est l’une des régions du monde les plus dynamiques. Cela vaut en particulier pour la Chine. Il est d’ores et déjà certain que le XXIe siècle sera durablement marqué par la montée – on devrait plutôt dire le retour – de la Chine. Mais cette formidable réussite entraîne aussi de nouveaux défis, à la fois sociaux, économiques, politiques, juridiques et environnementaux. La Suisse, amie et partenaire de la Chine, est à ses côtés pour consolider la prospérité, la stabilité et la modernité. Nos deux pays coopèrent par exemple étroitement pour relever les défis du changement climatique et passer à une économie à faibles émissions de carbone. Nos relations se caractérisent en outre par l’intensité des échanges bilatéraux, dont les divers dialogues constituent une pièce maîtresse. Nous apprécions cette forme de coopération, car elle permet des discussions mutuellement enrichissantes sur des questions ayant trait à la politique, à l’environnement et au développement durable, ainsi qu’à la migration et à l’éducation. Dans le cadre du dialogue sur les droits de l’homme, nous abordons des thèmes comme la question des minorités. Ce format de discussion est propice à des échanges discrets sur des sujets concrets dans le respect mutuel.

Les secteurs de l’économie et des finances constituent des piliers importants de nos relations. La Suisse comme la Chine attachent beaucoup de prix à une croissance économique saine et à la prospérité de leur population. Les deux pays entretiennent des relations économiques intenses: la Chine est aujourd’hui le principal partenaire commercial de la Suisse en Asie et son troisième partenaire commercial dans le monde, après l’UE et les Etats-Unis. Et le potentiel de développement de nos échanges n’est pas épuisé.

Parallèlement à la mise en œuvre de l’accord de libre-échange, le renforcement des ­relations financières revêt une importance particulière. La coopération dans ce domaine a pu être améliorée et approfondie grâce au dialogue sur les questions financières instauré en 2013. De grandes avancées ont déjà pu être réalisées. Dans le cadre de la visite du premier ministre Li Keqiang à Davos en janvier 2015, par exemple, les deux banques nationales ont signé un accord concernant le clearing en renminbis en Suisse. Par ailleurs, la Suisse a été l’un des premiers pays d’Europe occidentale à participer au processus de fondation de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (Asian Infrastructure Investment Bank, AIIB).

Au cœur de nos relations, il y a aussi, et depuis toujours, des liens humains. On pense ici non seulement aux pionniers des relations commerciales, mais aussi aux contacts de plus en plus nombreux entre écoliers, étudiants, professeurs et scientifiques ainsi qu’aux intenses échanges culturels. Onze vols directs relient chaque semaine nos deux pays. En 2014, l’hôtellerie suisse a enregistré pour la première fois plus d’un million de nuitées générées par des hôtes venus de la République populaire de Chine. Les touristes chinois représentent ainsi le principal groupe de touristes asiatiques en Suisse.

Nous sommes convaincus que, ensemble, nous pourrons atteindre encore d’autres objectifs que nos deux pays se sont fixés, si nous poursuivons la bonne coopération engagée au cours des dernières décennies et si nous continuons à faire preuve de courage et d’esprit d’innovation pour aborder l’avenir en pionniers.

Nos deux pays attachent beaucoup de prix à une croissance économique saine et à la prospérité de leur population

Didier Burkhalter est chef du Département fédéral des affaires étrangères Wang Yi est ministre des Affaires étrangères de la République populaire de Chine