On aurait souhaité que la négociation d’un accord-cadre avec l’UE soit sous toit pour la fin de cette année. Ce, d’autant plus qu’en septembre la Suisse a nettement refusé de se défaire de l’accord de libre circulation des personnes. Or, rien de tout cela. Bien au contraire. Sortie de toutes parts et rigoureusement orchestrée par de multiples forces souterraines, une opposition vigoureuse au principe même d’un accord-cadre a bloqué la finalisation d’un processus qui dure depuis dix ans et qui est négocié avec l’UE depuis cinq ans. Rien pour l’instant ne laisse penser que la Suisse est prête à remettre sur les rails une négociation qui permettrait la mise en place d’une politique européenne claire, apaisée et durable.

Si une nouvelle stratégie suisse devait exister, accompagnée d’une approche tactique raisonnée, il serait grand temps de l’exprimer. Pour l’UE, la procrastination et le non-dit ne font plus recette. Si la Suisse estime que le bilatéralisme sectoriel, couplé avec un système de gouvernance équilibré, met en danger la souveraineté nationale – laquelle? – il serait utile de l’exprimer ouvertement. Simultanément, il conviendrait d’expliquer pourquoi, après un accord officiel donné par le gouvernement, il n’y a désormais plus lieu de s’y tenir, puisque les objectifs stratégiques de la Suisse en matière de politique européenne ont soudainement changé. Ce type de revirements politiques, quand ils sont exprimés tout haut, sont préférables aux messes basses. Etre et rester transparent dans une négociation internationale, tel l’accord institutionnel, est essentiel pour l’UE et ses Etats membres. Le chaos du Brexit en est un piteux exemple. La Suisse se doit de demeurer fiable.