La participation de la Suisse au sommet de Prague, qui a lancé la Communauté politique européenne le mois dernier, n’a suscité aucun débat dans le pays, faisait observer M. Pascal Couchepin, ancien président de la Confédération. Il s’exprimait lors du huitième séminaire Suisse-Europe qui avait lieu le 11 novembre dernier à l’Institut de hautes études internationales et du développement à Genève. M. Enrico Letta, ancien président du Conseil des ministres italien et président de l’Institut Jacques Delors, a présenté au cours du même débat les contours de cette nouvelle construction dont il a été le précurseur. On sait que le projet de réunir l’ensemble des Etats du continent a été proposé au Parlement européen par le président Emmanuel Macron le 9 mai dernier. A l’origine, il s’agissait de créer un cercle extérieur à l’UE pour permettre aux neuf pays candidats, et à ceux qui aspirent à le devenir dans les Balkans occidentaux, de dialoguer sur un pied d’égalité avec les Etats membres de l’UE. Le traitement des dossiers de candidature peut prendre des années, voire des décennies: le retour de la guerre en Europe rend nécessaire de démontrer sans attendre l’unité des pays européens membres de l’UE et de leurs futurs partenaires, qui partagent un socle commun de valeurs, face à l’agression russe. M. Letta a tenu à relever qu’il a fallu moins de six mois à l’UE pour réaliser cette idée. Entre-temps, le Conseil européen l’a modifiée: il a renoncé à établir un lien avec l’élargissement de l’Union et à exiger que les partisans se reconnaissent dans les valeurs de l’UE. C’est ainsi que la liste a été ouverte à des pays autoritaires – l’Azerbaïdjan et la Turquie, ainsi que les pays qui n’envisagent pas d’adhérer à l’UE –, aux membres de l’AELE, dont la Suisse, ainsi qu’au Royaume-Uni.