La Suisse ne devrait pas devenir membre du Conseil de sécurité, car elle s’exposerait de ce fait à des pressions qui peuvent s’avérer très fortes de la part de grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine) pour obtenir un vote favorable à leurs intérêts. Tout y passe: des menaces sur les autres dossiers politiques traités à l’ONU et hors de l’ONU, ou sur les intérêts économiques de la Suisse dans le pays en question, ou au contraire des promesses de soutien bilatéral dans des affaires inespérées, au sein de l’organisation ou ailleurs.

C’est la thèse que défend l’ambassadeur Jenö Staehelin, qui fut l’un des architectes de l’adhésion de la Suisse aux Nations unies en 2002 et le premier représentant permanent de la Suisse. Il s’appuie sur son expérience personnelle: en 2003, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont essayé de détacher le Mexique et le Chili de la coalition hostile à la guerre en Irak en usant de tous les moyens et arguments à leur disposition. Très vite les interventions diplomatiques se déplacent dans les capitales, elles s’engagent entre chefs d’Etat et mettent en jeu toute la panoplie des relations bilatérales.