Opinion

La Suisse doit renouveler son discours sur l’Europe!

OPINION. Il est de la responsabilité du Conseil fédéral et des partis gouvernementaux (excepté l’UDC) de retrouver le sens d’un discours européen honnête et engagé, dans l’intérêt vital du pays, écrit le président du Nomes Vaud, Axel Marion

La question européenne en Suisse est un cas particulier, et le psychodrame autour de l’accord institutionnel en fournit la démonstration patente. Là où le gouvernement devrait jouer son rôle, c’est-à-dire montrer un cap et prendre des décisions en conséquence, il se réfugie dans le scepticisme et le mutisme. Les partis dits «euroréalistes» font tout pour ne pas se montrer favorables à l’accord: après avoir crié initialement «non mais», ils disent maintenant à petite voix «oui mais» en veillant à ne pas trop accélérer le pas – élections obligent! Quant aux mouvements favorables à l’accord institutionnel, essentiellement les milieux économiques et «pro-ouverture», la grande majorité d’entre eux claironnent que cet outil doit constituer l’avancée ultime de la Suisse vers l’Europe.

Dans ce contexte de surenchère dans le discours eurosceptique, l’idée d’une adhésion à l’Union européenne devient évidemment hérétique. Que plus de 85% des citoyens s’y disent opposés ne surprend donc pas. Plus grave, l’ancien conseiller fédéral Joseph Deiss, qui s’est exprimé dans ce sens, a reçu des menaces de mort. Cela démontre le climat extrêmement nocif qui s’est installé en Suisse autour de cette question. Qui attaquerait pareillement un politicien concernant la 11e révision de l’AVS ou de la réforme du système de santé?