La question européenne en Suisse est un cas particulier, et le psychodrame autour de l’accord institutionnel en fournit la démonstration patente. Là où le gouvernement devrait jouer son rôle, c’est-à-dire montrer un cap et prendre des décisions en conséquence, il se réfugie dans le scepticisme et le mutisme. Les partis dits «euroréalistes» font tout pour ne pas se montrer favorables à l’accord: après avoir crié initialement «non mais», ils disent maintenant à petite voix «oui mais» en veillant à ne pas trop accélérer le pas – élections obligent! Quant aux mouvements favorables à l’accord institutionnel, essentiellement les milieux économiques et «pro-ouverture», la grande majorité d’entre eux claironnent que cet outil doit constituer l’avancée ultime de la Suisse vers l’Europe.