En 2014, M. Didier Burkhalter, président de la Confédération et président en exercice de l’OSCE a pris l’initiative de faire rédiger un rapport sur la sécurité en Europe, dans une situation jugée déjà à l’époque instable et dangereuse. Le Conseil des ministres de l’OSCE était divisé sur ce projet: le conseiller fédéral l’imposa de sa seule autorité, en sa qualité de président de l’organisation, soutenu par la Serbie et l’Allemagne. Il constitua un groupe de personnalités éminentes, présidé par l’ambassadeur Wolfgang Ischinger d’Allemagne. Récemment, un think tank américain prestigieux, la Rand Corporation, a estimé que ce rapport contenait les seules réflexions novatrices sur la sécurité de l’Europe depuis l’Acte final d’Helsinki et les documents qui ont suivi. Les experts n’avaient pas pu se mettre d’accord sur une lecture commune des évènements provoqués par la chute de l’URSS en 1991. Mais fallait-il dans ces conditions lancer un nouveau dialogue Est-Ouest sur la sécurité, comme au début des années 1970? La Suisse était d’avis qu’en dépit de l’annexion de l’Ukraine, il convenait de parler avec les Russes de l’architecture de sécurité en Europe. Les Occidentaux, au contraire, faisaient du règlement de la question d’Ukraine un préalable à la reprise d’éventuelles négociations: à quoi servirait-il d’envisager de nouveaux accords tant que subsistaient les violations des engagements pris dans le cadre de l’OSCE à Helsinki puis, par la suite, à Paris et à Vienne?