Selon la presse dominicale, le Conseil fédéral a commandé au Département de justice et police une analyse juridique des divergences entre l’UE et la Suisse au sujet de l’accord institutionnel avec l’UE. Le Conseil fédéral l’ayant déjà qualifié de «traité inégal», où les concessions de la Suisse seraient supérieures à celles de l’UE, on peut s’étonner que ledit rapport n’existe pas déjà. Mais il serait utile de le compléter, même à cette heure tardive, d’un document sur le rapport de force existant entre la Suisse et l’UE qui devrait fonder l’examen plus réaliste de l’accord institutionnel.

Le déséquilibre entre un Etat de 9 millions d’habitants et une communauté d’Etats comptant 450 millions de consommateurs désireux d’harmoniser les conditions d’accès au plus grand marché du monde est une réalité, et toute la rhétorique prétendant que nous parlons à l’UE à hauteur d’hommes, les yeux dans les yeux, à égalité en quelque sorte, ne changera rien à la «force normative des faits». Le manque de réalisme vis-à-vis de l’Union européenne est d’autant plus frappant que, dans un autre secteur essentiel, le Conseil fédéral fait montre d’une appréciation pragmatique, nuancée et réaliste de la situation où se trouve la Suisse.