Le taux d'activité rapporte le nombre des personnes actives au total de la population âgée de 20 à 64 ans. Le taux d'activité est l'un des indicateurs socio-économiques les plus importants. En procédant à une comparaison au niveau international, on constate que les différences de participation à la vie active sont nettement plus marquées entre pays qu'à l'intérieur d'un même Etat. Les dispositions nationales qui régissent les systèmes de formation et les départs à la retraite s'appliquent en principe à toutes les unités territoriales d'un pays.

Le taux d'activité relativement élevé de la Suisse s'explique pour trois raisons: d'abord par une entrée dans la vie active qui a lieu comparativement tôt, vu que l'apprentissage compte aussi bien comme formation que comme activité professionnelle; puis un départ à la retraite relativement tardif et, finalement, une forte intégration des femmes dans l'activité professionnelle.

En l'an 2000, on comptait en Suisse 81,5 actifs sur 100 personnes entre 20 et 64 ans (90,6 chez les hommes et 72,4 chez les femmes). Le taux d'activité a augmenté de 3,0% au cours des dix dernières années, mais ce constat cache un phénomène peu ordinaire: alors que le taux d'activité des femmes s'est accru de 10,1%, atteignant un niveau historique, celui des hommes a diminué de 3,6 points.

Genève et Vaud à la traîne

Il est étonnant d'observer que les différences entre régions linguistiques et entre grandes régions sont beaucoup plus marquées qu'entre cantons ou types de communes (urbaines-rurales). Ce résultat est politiquement inquiétant. Dans la partie alémanique, 83% de la population en âge de travailler est active; dans la partie romanche 80%, en Suisse romande 78% et en Suisse italienne 73%. En 1970 encore, le taux d'activité était comparable de part et d'autre de la Sarine. Suite à la récession économique de 1991, le recul du taux d'activité des hommes s'est renforcé en Suisse romande et la progression est restée faible chez les femmes. Le résultat d'ensemble se traduit par une stagnation de l'activité professionnelle en Romandie et au Tessin, en particulier dans les cantons de Vaud et de Genève, où les taux ont même régressé, alors que ceux-ci se sont accrus partout ailleurs.

Dans les cantons latins, les personnes en âge de travailler se sont adaptées au rétrécissement du marché de l'emploi par de plus longues durées de formation et des départs à la retraite en moyenne plus précoces, mais de plus en plus de personnes des autres classes d'âge ont également quitté le monde du travail. Une information corroborée par l'indicateur du taux de chômage, qui a été plus élevé dans les cantons latins ces dernières années.

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