Au lendemain de la publication de la «Stratégie Chine» du Conseil fédéral, la réplique de Pékin a été cinglante: «La Suisse doit abandonner ses préjugés idéologiques.» L’ambassadeur de la Chine à Berne, Wang Shiting, a lu durant plus d’une heure des notes en réponse à des questions soumises à l’avance par des journalistes chinois et suisses invités à une visioconférence. «Mentalité de guerre froide», «malveillance», «calomnie politique», «manque de respect», «ingérence», «fake news», «théorie de la menace chinoise» ont été quelques-uns des termes utilisés pour commenter le contenu de ce document. A l’aune de la rhétorique actuelle des diplomates chinois, on pourrait parler d’une réponse mesurée. Ce n’en est pas moins une rupture de langage dans les relations bilatérales jusqu’ici qualifiées d’excellentes par les deux parties.