Cette fois, le ton pourrait changer. Ces prochains jours, le DFAE publiera sa «Stratégie Chine». Un document qui promet de muscler un peu nos relations avec Pékin tout en voulant préserver l’essentiel, c’est-à-dire la santé de nos échanges commerciaux. Dans un papier de position sur le sujet, la direction du PLR Suisse – le parti du chef des Affaires étrangères – en donne un avant-goût sans les filtres diplomatiques d’usage.

Que lit-on? La Chine est le 3e partenaire économique de la Suisse. Elle s’affirme aussi comme le principal défi posé à notre modèle de démocratie libérale. Et Berne ne peut plus ignorer ce choc des valeurs. Il est donc temps d’en tenir compte dans une approche mieux coordonnée de nos relations avec Pékin. «Contrairement aux espoirs initiaux, l’ouverture économique de la Chine n’a pas conduit à la démocratisation», constate le document. Le PLR ne va pas jusqu’à qualifier la Chine de «rival systémique» comme l’avait fait la Commission européenne il y a deux ans. Mais il recommande, dans une logique de monde multipolaire, de rallier le camp européen lorsque nos valeurs communes sont menacées. En clair, la Chine est désormais perçue comme une menace sur le plan politique.