Tout a l’air de se passer dans ce dossier à l’envers. Le débat public parfois vigoureux sur l’accord institutionnel auquel nous assistons ces dernières semaines aurait dû précéder l’ouverture des négociations. Or il prend de l’ampleur précisément quand les pourparlers paraissent ne plus embrayer. Les souverainistes font valoir que la conception même de l’accord était une erreur: le fait est que les Suisses ne veulent pas de rapprochement avec les institutions de Bruxelles et ils l’ont démontré en rejetant l’Espace économique européen, l’option d’une adhésion à l’UE ou maintenant l’accord institutionnel. Il faut donc trouver autre chose qui préserve à coup sûr l’indépendance et les particularités suisses tout en maintenant le plus possible les avantages de la voie bilatérale. Ce ne sont pas réellement les trois points de détail qui sont en cause, mais le concept même du traité institutionnel, qui nous entraîne dans le sillage des institutions européennes et risque de rendre l’adhésion inévitable.

Mythes et mensonges

L’auteur, M. Peter Kurer, avocat, professeur et ancien dirigeant de l’UBS, ne tient pas compte des faits – la voie bilatérale a été une concession temporaire de l’UE dans la perspective d’une prochaine adhésion de la Suisse, qui était soutenue à la fin des années 1990 par tous les partis politiques suisses, sauf l’UDC. Il y a lieu aujourd’hui d’assurer la régularité des opérations du marché intérieur auquel nous avons un accès privilégié en qualité de pays qui fut naguère candidat. L’auteur minimise les conséquences d’un échec de l’accord institutionnel: celles-ci peuvent être compensées de son point de vue par des mesures internes et des investissements dans la recherche, la technologie médicale, etc.