Vendredi matin, sur les ondes de la Radio suisse romande, Pascal Lamy expliquait comment le monde était en train de basculer d’époque avec la fin d’une ère de globalisation. Il y a vingt ans, la géoéconomie l’emportait sur la géopolitique. La Chine entrait à l’OMC, les frontières s’abaissaient, le commerce se développait. «La géoéconomie, ça intègre, ça crée des interdépendances, normalement ça stabilise», estime l’ex-directeur de l’OMC. La rivalité entre les Etats-Unis et la Chine transforme la donne. «Les Américains se sentent menacés par la Chine et les Chinois se sentent menacés par les Etats-Unis.» Et la géopolitique, «malheureusement», est en train de reprendre le dessus sur la géoéconomie. «Ces rivalités sont là pour les trente prochaines années.»