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Le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker lors d'une conférence de presse aux côtés de Doris Leuthard, en novembre 2017.
© OLIVIER HOSLET/EPA

éditorial

Suisse-Europe: voter, oui, mais sur quoi?

ÉDITORIAL. L’annonce d’un «vote fondamental» sur la relation avec l’UE force le Conseil fédéral à dire ce qu’il veut. Et comment faire passer la pilule devant le peuple

C’est promis: le Conseil fédéral va proposer au peuple un «vote fondamental» sur la relation de la Suisse avec l’Union européenne. Doris Leuthard s’y est engagée ce week-end dans le Blick. Sans fixer de calendrier ou donner de détails, mais en termes clairs.

Après des années d’atermoiements, et une semaine marquée par une bruyante passe d’armes avec Bruxelles, le gouvernement est au pied du mur. Il doit enfin dire comment il veut rénover la politique européenne de la Suisse, et comment il va s’y prendre pour convaincre la population la plus eurosceptique du continent.

Première étape, savoir sur quoi l’on va voter. S’agit-il d’un traité destiné à maintenir les bilatérales ou à les «développer»? Ce n’est pas la même chose. Il faut choisir entre un accord technique, destiné à ajuster la relation de façon millimétrique, ou un texte plus ambitieux qui ouvrirait un nouveau chapitre politique avec nos voisins.

Parler au porte-monnaie

Second problème, alors que les négociations à son sujet sont bien avancées, ce futur traité n’a pas de nom. A Berne, on parle indifféremment d’accord-cadre, institutionnel, transversal ou désormais fondamental. Selon un initié, il s’agit plus simplement d’un «accord d’accès au marché». Cette terminologie permet de parler au porte-monnaie des Suisses et de ramener le vote à l’enjeu central: le bien-être matériel du pays grâce à sa participation au grand espace économique européen.

Troisième point, le Conseil fédéral doit expliquer pourquoi il faut changer quelque chose au statu quo. Celui-ci avantage si bien la Suisse que cette dernière se passerait fort bien d’un nouvel accord. C’est l’UE qui veut bouger. Pourquoi le faire? Et que se passera-t-il en cas de non? Sur ces points, il faudra apporter des réponses. En évitant le discours qui a échoué ces dernières années – «il n’y a pas de plan B, si vous ne votez pas comme nous le disons, ce sera la catastrophe».

Pas de risque zéro

Reste l’épineuse question du calendrier. Impossible de voter sur un nouveau traité avant les élections fédérales de l’automne 2019 – c’est du moins ainsi que le consensus bernois voit les choses.

D’ici là, il faudra affronter les initiatives UDC contre les «juges étrangers» et la libre circulation. Si le Conseil fédéral parvient à couler ces textes toxiques, il créera le climat idéal pour son grand vote sur l’Europe. Mais dans ce domaine, le risque zéro n’existe pas. Si l’on propose aux Suisses un «machin» technico-juridique imposé sous la pression de Bruxelles, l’échec est garanti.

Lire aussi: Doris Leuthard évoque un «vote de principe» sur l'Europe

A l’inverse, si cet accord est présenté comme un instrument au service d’un statu quo avantageux, qu’il faut faire évoluer en douceur, en évitant le désastre d’un «Helvexit», le succès est possible. A condition que le Conseil fédéral y croie lui-même.

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