Depuis son arrivée à la tête de l’équipe de Suisse, Vladimir Petkovic a fait attention à renouveler son contingent. Sa moyenne d’âge, entre 26 et 27 ans, n’a ainsi pas bougé entre septembre 2014 et juin 2021. Mais entre les départs à la retraite et les arrivées de jeunes talents, le sélectionneur a toujours composé autour d’un même noyau. Celui de la dernière génération dorée du football national.

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En 2009, elle devenait championne du monde des moins de 17 ans avec Granit Xhaka, Haris Seferovic et Ricardo Rodriguez. En 2011, elle atteignait la finale de l’Euro des moins de 21 ans avec Yann Sommer, Xherdan Shaqiri, Admir Mehmedi, Mario Gavranovic. Autant de joueurs qui auront encore un rôle à jouer ce lundi contre la France, en huitièmes de finale du Championnat d’Europe des nations.

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Quatre grands tournois consécutifs

Leurs résultats étourdissants dans les catégories espoirs ne sont pas restés sans suite. Arsenal a payé plus de 40 millions de francs pour s’attacher les services de Granit Xhaka, un record pour un footballeur suisse. Xherdan Shaqiri a porté le maillot du Bayern Munich, de l’Inter Milan, de Liverpool. Ricardo Rodriguez fut l’un des meilleurs latéraux du monde. Ensemble, ils ont contribué à qualifier l’équipe nationale pour quatre grands tournois consécutifs, dont elle a à chaque fois passé le premier tour. Un enchaînement sans précédent dans l’histoire du football suisse, et seulement réalisé par la France et la Belgique sur la même période.

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Et pourtant, le festin a souvent gardé un petit goût d’inachevé. D’accord: les supporters comme les journalistes ont vite perdu l’habitude de manquer tous les grands rendez-vous pour prendre celle d’y participer, et d’y aller de plus en plus loin. Mais cette génération ambitieuse, décomplexée, voire un poil «arrogante» – selon le souhait de son entraîneur – ne valait-elle pas mieux que de tristes éliminations contre la Pologne à l’Euro 2016 ou la Suède à la Coupe du monde 2018? Si, bien sûr que si. Les intéressés en sont les premiers convaincus, et il leur tarde de le prouver.

«Cette année ou jamais»

Il y a quelques semaines, Granit Xhaka affirmait que c’était «cette année ou jamais». Sommer a 32 ans, Gavranovic 31, Mehmedi 30, les «champions du monde 2009» 29. Leur carrière n’est pas finie, mais ils s’engageront bientôt sur la pente descendante et, dans quelques années, ils apporteront à l’équipe de Suisse la touche d’expérience dont auront besoin les cadres plus jeunes. Plusieurs ne seront plus là lors de la prochaine édition de l’Euro.

D’ici là, il leur reste un peu de temps pour marquer les esprits une bonne fois pour toutes. L’occasion qui se présente ce lundi à Bucarest est idéale. Pour s’en sortir face à une équipe de France ultra-favorite, l’équipe de Suisse est condamnée à l’exploit. C’est exactement ce que les supporters attendent de cette génération.

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