OPINION

Suisse-UE: entre félicité et néant

OPINION. Dans les tout prochains jours, l’UE adoptera ses conclusions sur les relations avec la Suisse, un exercice qu’elle répète tous les deux ans, depuis 2008. L’édition de 2019, ferme mais sans fiel, devrait faire sérieusement réfléchir, estime l’avocat Jean Russotto à Bruxelles

Un Français célèbre disait que la politique est l’art du possible et il ajoutait que l’opportunisme n’est pas odieux. Cette constatation n’a pas changé depuis que la Suisse et l’UE tentent d’encadrer convenablement leurs relations depuis plus de dix ans. Cependant, ce mois, l’opportunisme ne faisant plus recette, l’UE fera savoir, sans le dire vulgairement, que la Suisse se doit de choisir entre une relation structurée – à savoir un accord institutionnel – ou une hibernation programmée de la relation. Il importe de s’interroger sur la véracité de ce qui n’est plus une alternative, mais bien plutôt un dilemme.

Ces conclusions seront essentiellement pacifiées, encourageantes et raisonnables, mais fermes. Pacifiées, car la relation avec la Suisse est solide dans de nombreux secteurs de l’économie, y compris l’échange d’informations en matière fiscale, jusqu’à la mise en œuvre du principe de libre circulation des personnes. Conclusions fermes car, pour l’UE, il est impératif de ne plus attendre. Le salut du couple doit passer par un acte notarié, l’heureuse cohabitation de fait ayant montré ses limites.