Pour comprendre où la Suisse pourrait peut-être se diriger, il faut savoir d’où elle vient. La rupture du 26 mai a laissé un paysage politique et réglementaire en désolation. Jeter aux orties un projet d’accord institutionnel bien construit et n’offrir aucune explication convaincante a créé de réels dommages à tous les étages. Circonstance aggravante, les bases de l’accord avaient été agréées et négociées pendant presque dix ans. Aucune place pour l’équivoque. La rupture a décapité le fondement même de ce que demandait l’UE. De plus, affirmer que les accords bilatéraux demeurent intacts et restent le fondement de la relation est un sophisme. Bien évidemment, la centaine d’accords bilatéraux demeurent en vie mais ils sont condamnés à péricliter plus rapidement qu’on ne le croit. Poursuivre la relation sur la base de la structure existante n’est pas un Plan B digne de ce nom. Enfin, expliquer aux Etats membres que la rupture a été largement causée par le dogmatisme de l’UE est un narratif douteux, si ce n’est spécieux. Que faire donc pour commencer un nouveau dialogue, dans un tel climat?