Les partis gouvernementaux soutiennent la politique européenne du Conseil fédéral comme la corde soutient le pendu. «Et le pendu n’a pas l’air de trop s’en plaindre, car on ne pourra pas lui reprocher de s’y être mis tout seul», ajoute un fin observateur de la politique fédérale. Au lendemain des 62% de rejet de l’initiative de l’UDC contre la libre circulation des personnes, on aurait pu s’attendre à ce que les formations gouvernementales se sentent portées par la vague populaire pour enhardir le gouvernement à accélérer les discussions avec Bruxelles. Il aura vite fallu déchanter.

Pour démentir sans doute l’adage mitterrandien selon lequel le centre serait «la variété molle de la droite», le président du PDC, Gerhard Pfister, y est allé à la hache: «Le projet d’accord-cadre avec l’UE [serait] le grand mensonge du Conseil fédéral.» La présidente du PLR, Petra Gössi, tout en pressant le gouvernement de négocier dur, prévient déjà de ce qui va arriver «si le résultat espéré n’est pas atteint: la chose est entendue, car l’accord-cadre ne trouvera aucune majorité dans le pays». On a connu des encouragements plus chaleureux que l’épouvantail de l’échec.