En principe, le Conseil fédéral proposera la semaine prochaine sa stratégie de mise en œuvre de l’article constitutionnel autorisant un système de contingents de travailleurs étrangers. Il obéira ainsi au souverain qui, il y a un an, avait dit oui à l’initiative populaire de l’UDC « Contre l’immigration de masse ».

Pour sa part, la Commission a dit cette semaine qu’elle n’était pas disposée à renégocier l’Accord bilatéral sur la libre circulation des personnes signé en 1999. Berne sait qu’elle ne peut pas brandir la clause qui autorise l’une ou l’autre partie à faire une telle demande en cas de situation économique et sociale grave.

L’idée d’introduire une clause de sauvegarde à partir de savants calculs présentée tant par l’ancien secrétaire d’Etat Michel Ambühl que par Economiesuisse peut être maintenant renvoyée aux oubliettes. Nous pouvons aussi oublier l’accès au marché européen pour les services financiers. Le secrétaire d’Etat Jacques de Watteville prône, entre autres, des négociations bilatérales pays par pays. C’est sous-estimer l’unité et la forte cohésion des Vingt-Huit à l’égard de la Suisse.

La Suisse n’a pas de soutien et la stratégie de Didier Burkhalter, notre ministre des Affaires étrangères, de solliciter la compréhension des capitales, n’a pas payé.

Dans la nuit du 9 février 2014, le souverain suisse avait été chaleureusement félicité, notamment par le Front national de Marine Le Pen et par le Ukip de Nigel Farage. Ces deux formations nationalistes ont certes le vent en poupe dans leurs pays respectifs. Mais ce n’est pas demain qu’elles pourront être d’un quelconque soutien dans les négociations avec Bruxelles.

Entre-temps, le temps presse. Trois échéances s’approchent à grands pas. D’abord, l’accord provisoire sur Horizon 2020 tombera en décembre 2016 si la Suisse ne ratifie pas le protocole d’adhésion de la Croatie à l’UE. Ensuite, les portes pour la signature d’un accord sur l’intégration de la Suisse au marché européen de l’électricité seront fermées à cette même date si Berne ne trouve pas une solution sur le règlement d’éventuels conflits. Et enfin, en février 2017, le couperet tombera sur les bilatérales si la Suisse ne trouve pas de solution au problème posé par l’initiative « Contre l’immigration de masse ». Comme on le dit à Bruxelles, la balle est vraiment dans le camp suisse.

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