Malheureusement, les conséquences fâcheuses de la décision du Conseil fédéral de mettre abruptement fin aux négociations institutionnelles avec l’UE ne se sont pas fait attendre. Le 22 juin dernier, l’UE s’est résolue à évincer notre pays du programme de recherche Horizon Europe doté de près de 100 milliards d’euros pour la période 2021-2027. Cette mesure, forte et relativement inattendue, est un indicateur tangible de la détérioration des relations entre l’UE et la Suisse. En effet, d’autres pays tiers, tels que le Royaume-Uni et Israël, gardent un accès à ce programme en tant que pays associés. Même si cette éviction n’est pas encore définitive, tout porte à croire que rien ne sera plus comme avant entre Berne et Bruxelles. La voie bilatérale qui nous a apporté une ère de stabilité et de prospérité de près de vingt ans commence à s’éroder sérieusement. Au fur et à mesure que de nouvelles barrières commerciales se dresseront entre nous et le plus grand marché du monde, cette voie bilatérale ne présentera plus autant d’avantages qu’aujourd’hui et la Suisse sera de plus en plus isolée sur le continent.

ID Quantique, MaxiVax, ProtonMail

D'autres tribunes sur le sujet

D'autres tribunes sur le sujet

Ces derniers jours, plusieurs commentaires ont souligné, à juste titre, que la sortie de la Suisse du programme Horizon Europe portera grandement atteinte à la compétitivité des universités et hautes écoles suisses. Ces dernières se trouvent en effet au centre d’un excellent réseau européen de recherche financé en grande partie par l’UE. Toutefois, peu d’observateurs ont relevé que le programme Horizon Europe, par son troisième pilier, finançait aussi les PME et les start-up innovantes avec des bourses de l’ordre de 2-3 millions d’euros, qui sont en réalité des subventions directes. Plusieurs entreprises suisses, particulièrement à Genève qui a un taux très élevé de succès sur ces bourses, en ont bénéficié. C’est le cas, par exemple, d’ID Quantique, de MaxiVax ou encore de ProtonMail. Cette dernière entreprise, aujourd’hui bien connue du grand public, a reçu 2 millions d’euros de l’UE en 2019 et est devenue le plus grand service de messagerie électronique sécurisé du monde. Hélas, de telles subventions directes visant à favoriser l’innovation n’existent pas dans notre pays (Innosuisse – l’agence suisse pour l’encouragement de l’innovation – n’en n’accorde pas). Pourtant, l’écosystème suisse, très innovant, aurait besoin de tels instruments de subventionnement pour garder une longueur d’avance sur ses concurrents.