Dans le pénible débat sur l’accord institutionnel, les négociateurs suisses ont perdu de vue un symbole de sagesse universelle et millénaire. Le yin et le yang, deux forces contraires dans une négociation, doivent, en fin de compte, trouver un juste équilibre. Pour y arriver et maintenir l’harmonie entre le puissant et le moins puissant, seul un dialogue sensé, et non pas une dialectique déconnectée, dissipera les forces antagonistes. L’ambiguïté du narratif suisse et la réticence à expliquer quels sont les vrais objectifs troublent Bruxelles. D’où le ton des déclarations de la Commission qui, depuis dix ans, martèle le même message: oui à un dialogue structuré, certes, mais qui inclut un nouveau cadre articulé, destiné à régir le faisceau des accords sectoriels. Le temps presse pour remettre à niveau une relation mal en point et sécuriser l’édifice bilatéral. Les enjeux sont considérables.