bilatérales

Suisse-UE: un momentum favorable

En plaçant la Suisse sur liste grise et en lui refusant l’équivalence boursière à durée indéterminée, l’UE l'a forcée à bouger. Ignazio Cassis peut en profiter

Durant sa campagne pour accéder au Conseil fédéral, Ignazio Cassis l’a souligné plutôt cent fois qu’une. Il a promis un «reset» dans le dossier européen actuellement dans l’impasse la plus totale. Pourtant, il n’est pas possible de tout reprendre à zéro. Après la décision du peuple suisse de ne pas adhérer à l’Espace économique européen (EEE) en 1992, l’UE et la Suisse ont tissé une voie bilatérale qui a longtemps fait ses preuves.

«Bilatérales III», la recette miracle?

La Suisse a été un des rares pays à n’avoir pas trop souffert de la crise financière de 2008. Son économie a créé plus de 400 000 emplois en quinze ans. L’Europe absorbe 55% des exportations helvétiques, tandis que la Suisse est le troisième partenaire économique de l’UE derrière les Etats-Unis et la Chine.

Selon la presse dominicale, la recette miracle pour sortir de la crise avec l'UE pourrait s’appeler «Bilatérales III». Il s’agirait d’un grand paquet incluant d’une part des accords d’accès au marché européen comme sur l’énergie et les services financiers – dont profiterait grandement la Suisse –, mais aussi d’autre part le fameux cadre institutionnel que l’UE réclame à la Suisse depuis dix ans. Un tel cadre ne se résume pas à la question des «juges étrangers», mais est il crucial pour assurer la sécurité du droit avec notre principal partenaire économique.

Lire aussi: «Bilatérales III», le retour

Aujourd’hui, Ignazio Cassis bénéficie d’un «momentum» favorable. Aussi triste que cela soit à constater, les deux coups de semonce de l’UE – plaçant la Suisse sur une «liste grise» de paradis fiscaux et ne lui accordant l’équivalence boursière que pour un an – ont réveillé les consciences helvétiques. Le Conseil fédéral sait désormais qu’il ne peut plus se contenter d’attendre les prochaines élections fédérales pour avancer. Et les partis qui tiennent à sauver la voie bilatérale ont compris qu’ils devaient former un front uni face à l’UDC et cesser de se laisser dicter l’agenda par Christoph Blocher.

Cette alliance des forces constructives est certes encore bien fragile, mais elle est en marche.

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