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Des supporters de Celta encouragent leur équipe durant la demi-finale de la Copa del Rey.
© CESAR MANSO

Editorial

Supporters coûte que coûte

Les agents et autres intermédiaires du football ont tissé leur toile dans les finances du football de haut niveau. Les fans s’insurgent, mais ne tournent pas le dos à leur passion, faisant le lit de ces «preneurs de commissions»

On a beau aimer le football, on adore détester les agents de joueurs. C’est ainsi depuis des lustres. En fait, depuis que les footballeurs de haut niveau changent de club au fil des saisons et qu’ils ont besoin d’autrui pour les conseiller.

Lire aussi: Le football lance ses premiers subprimes

En vingt ans, le paysage du ballon rond européen a bien changé. Barcelone, Bayern Munich, Paris, Chelsea, Manchester City… Bref, ceux qui étaient les clubs d’une ville ou d’un quartier se sont transformés en multinationales. Ce sont des groupes aux centaines de millions de chiffre d’affaires annuel. Ils gagnent au moins autant d’argent en Asie et en Amérique du Sud que dans leur propre stade. Ils jouent leurs matches d’entre-saison à Miami, Kuala Lumpur ou Abu Dhabi. Ils vendent leur marque, leurs droits d’image et leurs produits dérivés dans le monde entier.

Les agents de joueurs ont grandi à leurs côtés. Ils sont devenus des agences de conseil. Et puisque les structures des clubs se sont complexifiées, les services dont elles ont besoin se sont également diversifiés, comme le montre notre enquête. Aujourd’hui, une entreprise comme Doyen Sports, le plus connu de ces intermédiaires du football, offre une très large palette de services: repérage, recrutement, gestion de carrière, conseil, administration des droits d’images et du marketing, financement, etc. Une autre société, XXIII Capital, vient de franchir un palier supplémentaire. En s’inspirant des subprimes américains, elle regroupe, saucissonne puis revend des dettes de clubs sur le marché américain des obligations.

Des escrocs? Ce milieu en compte sans aucun doute un certain nombre. Des opportunistes? Ils le sont en majorité. Ces agences se sont engouffrées dans une brèche, profitant des vides juridiques d’un des derniers secteurs économiques multimilliardaires qui entretient encore l’opacité. Autrement dit, personne n’a jamais interdit à ces preneurs de commissions de s’octroyer une part des énormes plus-values sur les transferts.

Ces entreprises dérangent pour deux raisons. En dépit des tentatives de réglementation de la FIFA et de l’UEFA, leur rôle reste trouble et leurs actionnaires invisibles. Surtout, elles ont tissé leur toile au sein du sport le plus populaire du monde. Une grande majorité des supporters – ce qui inclut aussi les journalistes et les auteurs qui dénoncent les dérives – s’étrangle en apprenant que son attaquant vedette appartient en fait à un fonds d’investissement et non pas à son équipe de cœur.

Les amateurs de football ont beau détester ces agences de conseil, ils continuent d’aimer le football. Une passion coûte que coûte qui nourrit un paradoxe. Les supporters, qu’ils soient locaux, asiatiques ou sud-américains, sont le fonds de commerce du ballon rond. Et tant que le football sera riche, il attirera les opportunistes.

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© Gabioud Simon (gam)