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Aujourd’hui Stefan Meierhans — ce juriste venu de Microsoft après avoir fait partie de la garde rapprochée de plusieurs conseillers fédéraux — s’affirme comme l’ultime avocat des consommateurs, aux côtés des associations et journaux dédiés à cette...
© PETER SCHNEIDER / Keystone

Editorial

Surveillance des prix: donner plus à l’aiguillon utile

Le préposé à la surveillance des prix fait un travail remarquable. Espérons qu’il ait plus de moyens et plus de pouvoirs pour pouvoir lutter contre l’îlot de cherté en Suisse

C’était plutôt mal parti en 2008 lorsque la ministre de l’économie d’alors Doris Leuthard a nommé Stefan Meierhans à la tête de la Surveillance des prix. D’abord, nombreux sont ceux qui y ont vu une nomination de copinage au sein d’une famille PDC coutumière du fait. Ensuite, le fringant trentenaire soignait déjà sa fameuse mèche blonde et les médias ont au départ davantage parlé de son look que de sa mission.

Neuf ans plus tard, il faut reconnaître que Doris Leuthard, dont l’un des premiers combats a été la lutte contre l’îlot de cherté, a eu raison. C’est elle qui a eu l’idée de créer un poste enfin à plein-temps pour cette fonction, plébiscitée par le peuple à deux reprises dans les années 1980. Qui se souvient du travail de Joseph Deiss ou de Werner Marti, deux politiciens pourtant aguerris mais surveillants des prix très partiels? Personne! Aujourd’hui Stefan Meierhans — ce juriste venu de Microsoft après avoir fait partie de la garde rapprochée de plusieurs conseillers fédéraux — s’affirme comme l’ultime avocat des consommateurs, aux côtés des associations et journaux dédiés à cette cause.

Lire aussi: Monsieur Prix critique la passivité de l’Office fédéral de la santé

M. Prix est devenu un aiguillon très utile pour secouer l’administration lorsqu’elle s’assoupit dans la routine de son fonctionnement ou pour réveiller le monde politique lorsque les lobbies en place annihilent ses velléités de réforme. Ce vendredi 24 février, il a lancé un énième cri d’alarme sur l’explosion des coûts de la santé. «Pour les assurés payeurs de primes, le seuil de la douleur est atteint», a-t-il averti.

A la tête d’une petite équipe de 25 personnes pour 18 postes à plein-temps, Stefan Meierhans se bat sur tous les fronts: des tarifs des CFF au prix du timbre de La Poste, en passant bien sûr par les coûts de la santé. Dans ce domaine, il faut souhaiter qu’il puisse disposer d’effectifs plus étoffés. Ils ne sont qu’une demi-douzaine de collaborateurs à se pencher sur les tarifs des hôpitaux. Or, ici, la Surveillance des prix est la seule instance indépendante. C’est elle qui fait ses recommandations à des cantons dont la double casquette de propriétaire d’hôpitaux et d’autorité tarifaire est à vrai dire indéfendable.

Le parlement aurait aussi tout à gagner à lui conférer plus de pouvoir, notamment en lui octroyant le droit de fixer un délai obligeant une autorité politique à réagir à ses recommandations. Avec un budget de moins de trois millions de francs, la Surveillance des prix permet aux consommateurs d’économiser quelque 300 millions par an, dont 200 millions dans le seul domaine de la santé. Un bilan remarquable au regard des ressources à disposition.

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