Des 200 000 personnes qui s’étaient inscrites au printemps 2013 pour un aller simple vers la planète Mars – le désormais fameux projet Mars One –, il ne restait qu’un millier lors de la deuxième vague de sélection, explique l’Agence Science-Presse québécoise. Mais «la liste vient d’être ramenée à 100 noms, 50 femmes et 50 hommes», ainsi répartis, selon le Journal de Montréal:

Parmi eux, un Suisse, le Thurgovien Steve Schild, dont le St. Galler Tagblatt brosse le portrait: «Quand j’ai un but, dit-il, rien ne peut m’en détourner.» Mais la sélection sera dure, comme a déjà pu le constater un autre candidat helvétique, le Nyonnais Christian Meyer: «Au terme du processus de sélection, qui doit notamment inclure un entraînement physique et des tests de vie en groupe», il ne devrait rester que 24 colons. Et le «rêve» semble encore bien loin. 24 heures parle même de «mission impossible»:

«Les interrogations au sujet de ce voyage n’ont pas obtenu de réponses satisfaisantes. Certes, un aller simple plutôt qu’un aller-retour rend le voyage vraisemblable: la technologie pour se rendre sur Mars existe; les engins spatiaux ne transporteraient de toute façon les astronautes que par groupes de quatre; et le fait de ne pas avoir à apporter le carburant nécessaire pour redécoller de Mars permettrait d’économiser considérablement en argent, en temps et en équipement. Par ailleurs, le financement (estimé à 6 milliards de dollars) pourrait en théorie être assuré par des fonds privés et par les revenus de la téléréalité entourant cette aventure.»

Mais, comme le rappelle La Presse canadienne qu’a repérée Courrier international, «un groupe d’experts avait estimé qu’une mission humaine vers Mars de l’Agence spatiale américaine (NASA) coûterait de 80 à 100 milliards de dollars». Et ce n’est qu’un seul des cinq obstacles que voit le journal québécois. «Par comparaison, la facture du programme Apollo – qui a mené l’homme sur la Lune – s’élevait à 124 milliards de dollars actuels sur onze ans. L’entreprise Mars One, elle, fait dans le low cost», ironise 24 heures:

Mais ce qui cause surtout problème, c’est simplement «la possibilité de survivre sur Mars». Grosse inconnue… «Avons-nous la technologie nécessaire à extraire de la roche martienne l’eau qui sera indispensable à ces Terriens, une fois leurs réserves de départ épuisées? Parviendront-ils à faire pousser suffisamment de plantes pour manger et assurer le renouvellement de leur oxygène? Impossible, pour des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Selon eux, cela prendra trop de temps, coûtera très cher et entraînerait la mort des astronautes en soixante-huit jours.»

Mais ces calculs «ont été balayés du revers de la main par le président du projet Mars One, le Néerlandais Bas Lansdorp», dont le site «reste très avare de détails sur ce sujet épineux». Cet ingénieur en mécanique de 35 ans «s’associe à Paul Romer, un des créateurs du programme Big Brother, la toute première émission de téléréalité (celle qui a inspiré Loft Story en France). De leur esprit fertile a émergé» ce projet pharaonique, commente Le Huffington Post. «C’est notamment en vendant les droits télé du programme à travers le monde que le prochain grand bond pour l’humanité» devrait devenir réalité.

Une «idée visionnaire»

«Farfelu, le projet n’en est pas moins soutenu par d’éminents scientifiques, comme le président de la Société spatiale néerlandaise, Gerard Blaauw, qui salue «l’idée visionnaire que celle de combiner les médias et l’aérospatial», ou le Prix Nobel de physique 1999, le Néerlandais Gerard’t Hooft.» Et il continue à faire rêver. La preuve avec cette vidéo réalisée par Stateless Media pour le Guardian, qui a rencontré trois candidats à l’aller simple sur le thème «Si je meurs sur Mars…»:

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