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Susanne Leutenegger Oberholzer (PS/BL) à Berne, lors de la dernière session des Chambres.
© Anthony Anex/Keystone

Revue de presse

Susanne Leutenegger, les adieux d’une pasionaria à Berne

La conseillère nationale socialiste de Bâle-Campagne vient d’annoncer sa démission après dix-neuf ans sous la Coupole. Cette femme de caractère, respectée mais un peu «casse-pieds», sera remplacée par Samira Marti. Qui deviendra, à 24 ans, la benjamine du Conseil national

Elle siégeait depuis 1999 – dix-neuf ans! – au Conseil national et avait une aura certaine, cette pasionaria très respectée – même de ses ennemis politiques – de la gauche alémanique: la socialiste de Bâle-Campagne Susanne Leutenegger Oberholzer vient d’annoncer qu’elle se retirerait de la chambre du peuple avant la fin de l’année, mais la nouvelle a mis quelques jours à atteindre la Suisse romande. Sa successeure sera assermentée au plus tard en décembre, dit-elle dans une interview donnée au Blick, information également relayée par l’ATS et la Basellandschaftliche Zeitung, pour laquelle elle était «une des politiciennes les plus profilées dans le domaine économique» et fiscal.

En réalité, cela fait plus de trente ans que la députée bâloise arpente les couloirs du Bundeshaus, puisqu’elle avait déjà siégé au National entre 1987 et 1991, pour les Organisations progressistes de Suisse (POCH), une formation post-soixante-huitarde dissoute en 1993. Aujourd’hui âgée de 70 ans, Susanne Leutenegger Oberholzer fait encore partie de la commission judiciaire des Chambres, ainsi que de celle de l’économie et des redevances du National. Elle a assumé la présidence de cette dernière entre décembre 2015 et novembre dernier.

Les journalistes la surnommaient «SLO», rappelait-on mardi soir dans le Forum de RTS-La 1re. «De gauche à droite de l’échiquier politique, on salue la bûcheuse qui connaît extrêmement bien ses dossiers. […] Une vraie perfectionniste, jusque dans ses défauts.» Son président de parti, Christian Levrat, admet qu’elle avait «un caractère pas très facile à gérer». Ses collègues la disaient «insistante au point d’être franchement casse-pieds». Et pétrie de contradictions, ont même prétendu certains députés de droite, ciblant maladroitement son apparence de bourgeoise chic, toujours bien habillée et portant des bijoux précieux, entrant «dans un magasin de luxe le rouge aux joues comme un curé frappant à la porte d’une maison close».

Au-delà de ces critiques malvenues – en ferait-on de similaires à un homme? – elle avait «de la peine à lâcher prise» en défendant ses idées jusqu’au bout et portait sur elle une réputation de politicienne «inoxydable» qui avait «survécu aux attaques» dont elle avait fait l’objet. Par exemple lorsque son parti lui avait dit qu’un membre du parlement devrait prendre sa retraite à 65 ans. Bref, ce «phénomène politique» qui votait toujours le plus à gauche au sein du PS n’a laissé «personne indifférent». La journaliste de la RTS – on dit bien LA journaliste – concluait mardi soir son portrait en disant que «la dame aux colliers de perles» laissait la place «à une jeune fille avec un anneau dans le nez».

«Très belle chute», lui a fait remarquer son collègue en studio, oubliant au passage qu’un certain #MeToo était passé par-là ces derniers temps… Quoi qu’il en soit, à la faveur de la règle des viennent-ensuite, la jeune fille en question, ce sera désormais la benjamine du parlement, Samira Marti, 24 ans, dont le site Watson.ch brosse un portrait très élogieux. Une femme qui a fait une carrière éclair au sein des Jeunesses socialistes, même si elle est plutôt remontée contre leur actuelle présidente, la Mutterpartei Tamara Funiciello.

A la Basellandschaftliche Zeitung, elle dit considérer cette accession au parlement fédéral comme «une grande chance, mais aussi comme une grande responsabilité». Ce journal écrit qu’elle «sait très bien ce qu’elle se veut» et que cette jeune politicienne prometteuse a déjà «un discours très cohérent», qu’on soit d’accord avec elle ou non. Nul doute que l’étudiante en économie devrait reprendre le flambeau de «SLO» avec un certain talent. Elle juge elle-même que sa jeunesse constituera «un enrichissement du parlement fédéral». Sur son compte Twitter, elle demande déjà qu’on l’aide à «changer la Suisse». Et sur sa page Facebook, elle promet de bien représenter tous ceux qui l’ont déjà félicitée.

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