France  

Les symboles du 13 novembre renaissent sur Twitter 

A l'occasion de la commémoration des attentats de Paris, les internautes s'approprient à nouveau les slogans forts pour surmonter le deuil

Porteurs d’espoir, de soutien, d’unité, ils avaient marqué la Toile. Un an après les attentats du 13 novembre, Twitter ravive ces symboles de «Paris qui résiste». La mémoire intacte, les internautes se retrouvent autour des gestes, mots et objets brandis face à la haine. A l’image de l’élan de solidarité suscité par le hashtag #porteouverte, du #Fluctuatnecmergitur, devise latine fédératrice, ou encore de Danielle, cette «mamie qui fait du bien» interrogée à l’époque par BFMTV et dont le message de résilience avait réconforté les internautes endeuillés. 

Au-delà des discours officiels des politiques, les anonymes se souviennent. «Un an déjà, on n'arrêtera jamais la musique, l’amour, la paix. Vos âmes reposent en paix et on prend tous le relais pour les honorer #bataclan», déclare @lilalibellule. Face à la violence aveugle, les réponses d’hier sont celles d’aujourd’hui. La plume et le crayon contre l’horreur au visage de fusil, la tour Eiffel de fleurs et cette Marianne en pleurs, emblèmes d’une France unie, ou encore ces mots d’Hemingway qui rappellent que «Paris est une fête». 

Remparts contre la peur, les slogans #NotAfraid ou #JeSuisParis envahissent à nouveau les réseaux sociaux. On fredonne également des chansons en hommage à la Ville Lumière, «Paris ma belle». Mais une nouvelle mélodie est née. «Le baiser du Bataclan», vidéo réalisée par des rescapés, porte l’amour comme «seule réponse». Sans paroles, juste avec des images. Disponible sur YouTube, la séquence compte plus de 75 000 vues.

Un hashtag, un abri

«Ceux qui peuvent ouvrir leurs portes, géolocalisez vos tweets + #PorteOuverte pour indiquer les lieux sûrs. #fusillade #Paris.» Le soir des attaques, le journaliste indépendant Sylvain Lapoix lançait ce message et, soudain, Twitter prenait un tout autre sens, devenait tangible, utile. Accueillir des inconnus chez soi et leur offrir un peu de réconfort semblait vital. Aujourd’hui, ce cri de ralliement est resté un symbole fort. «J’ai compris l’utilité de Twitter ce #13novembre2015», se souvient @Madame_Clairon. «Ne pas oublier la générosité de tous les Parisiens qui ont porté les premiers secours», remercie encore @Anthony_77700.

De cette nuit tragique, les internautes n’ont pas voulu revivre la noirceur. L’initiative #1fenetre1bougie afin que «ce soir le soleil ne se couche pas» s’est révélée virale. De même, des milliers de lanternes ont allumé le canal Saint-Martin dans la nuit de dimanche à lundi. «Solidarité et recueillement» habitent aussi la chaîne humaine formée dimanche entre la République et le Bataclan, filmée et diffusée en direct par @RemyBuisine. L’amertume demeure toutefois perceptible. Comme chez ce père d’une victime qui rétorque qu’on «ne répond pas aux kalachnikovs par des bougies».

Parmi la foule anonyme, persuadée que «les gouttes d’eau font les océans», quelques voix sont entrées dans les mémoires. Celle de Danielle Mérian, «grand-mère de tous les Français», grâce à son intervention rassurante et maintenant considérée comme une «voix symbole de l’après-Bataclan». «14 novembre 2015, on se réveille dans l’effroi. Mais les mots de @DanielleMerian nous font du bien. Toujours», se souvient @MaximeHaes. 

Surnommé le pianiste du Bataclan, l'artiste allemand Davide Martello réapparaît lui aussi, lui qui avait arpenté les lieux de recueillement pour interpréter «Imagine» de John Lennon. «Un hymne contre la barbarie», salue @lucas_poipoi. A son propos, @LeonieLisieux dit encore: «Quand les gens sont inspirés, ils peuvent tout accomplir.» Le jour de la commémoration aussi, un piano était sur place, prêt à être utilisé. Sur internet comme dans la rue, la mémoire collective se nourrit de symboles pour surmonter le passé et inventer l’avenir.

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