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A 15 ans, Mohammed Najem témoigne de son quotidien, sous les bombes, dans la région de la Ghouta orientale.
© Twitter (Screenshot)

Témoignages

En Syrie, des enfants sous les bombes

Depuis le début des bombardements sur la région de la Ghouta orientale en Syrie, des voix en détresse s'élèvent sur les réseaux. Nombre d'entre elles proviennent d'enfants 

Leur enfance est tuée, dénoncent-ils. Ils s’appellent Mohammed, Noor ou Alaa. Ils vivent dans la Ghouta orientale, une région que le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, a qualifiée d’enfer sur terre. Et leur seule arme réside en un téléphone portable connecté à un réseau internet fébrile.

Sur leurs comptes, ils relatent l’horreur que la population syrienne de ce fief visé par les bombardements du régime de Bachar el-Assad vit au quotidien depuis le 18 février. Selon les chiffres des ONG, en une semaine, sous prétexte d’une «traque de terroristes», plus de 500 civils ont été tués dont une centaine d’enfants.

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Sentiment de déjà-vu

Ce massacre éveille un sentiment de déjà-vu. Il y a un peu plus d’un an, c’était les habitants d’Alep-Est qui croulaient sous les bombes. A cette époque, déjà, des voix s’élevaient sur les réseaux sociaux. L’une d’entre elles était celle de Bana Alabed, elle avait 7 ans et publiait des messages sur Twitter avec l’aide de sa mère. Aujourd’hui réfugiée en Turquie, elle n’a de cesse que de publier des alertes sur son compte suivi par 353 000 internautes.

Lire aussi: Comment la petite Bana tweettait depuis Alep-Est

Le 7 février, la jeune twitteuse utilisait le mot-dièse #Goutha suppliant la population mondiale de sortir de son silence face à la situation des 400 000 habitants de la région. Deux semaines plus tard, elle interpellait le président Emmanuel Macron: «S’il vous plaît, pour les enfants, cessez ce massacre.»

«Votre silence tue»

A ses appels se sont joints ceux de Mohammed Najem. Ce jeune Syrien de 15 ans, qui dit vouloir être journaliste, relate le quotidien de la Ghouta orientale. Ses vidéos filmées à bout de bras, donnent la parole à d’autres enfants, appellent à l’aide et transmettent un message politique. «Nous sommes tous tués par votre silence. Bachar el-Assad, Poutine, Khamenei ont tué notre enfance. Sauvez-nous avant qu’il ne soit trop tard», déclare-t-il dans l’une de ses publications.

Ses messages, rédigés, selon Le Monde, avec l’aide d’un anglophone, lui ont permis d’obtenir une plus grande visibilité. Planté devant un tas de gravats, l’adolescent dénonce l’horreur au monde entier: «Il est difficile de décrire la situation avec des mots, mais ce qui se passe maintenant est un génocide.» Dans d’autres publications, ses slogans percutent: «Pourquoi notre sang est-il devenu insignifiant?» Et il n’hésite pas à haranguer les internautes dont les nombreuses réponses demeurent toutefois empreintes d’impuissance.

Démarche sincère?

Mêmes échanges sur le compte Twitter de deux sœurs, Noor, 10 ans et Alaa, 8 ans, dont les vidéos implorent la Toile de leur venir en aide. Mercredi, dans la nuit, après la destruction de leur maison, leurs followers étaient témoins de leurs pleurs, leurs angoisses et entendaient leurs suppliques: «Pour l’amour de Dieu, sauvez-nous!»

Lire aussi: Carnage dans la Ghouta: les médias font la comparaison avec Srebrenica

Puissants et bouleversants, ces témoignages d’enfants restent toutefois impossibles à vérifier pour l’instant. Nul ne sait qui se trouve de l’autre côté de la caméra de Noor et d'Alaa. On ignore qui est à la source des initiatives de Mohammed Najem. Quant à leurs objectifs, les médias s’interrogent: est-ce une démarche personnelle ou ces jeunes protagonistes sont-ils manipulés? Sur les vidéos publiées, une chose est sûre: ces visages d’enfants ont perdu toute innocence.

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