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Le représentant de la Syrie, l’ambassadeur Hussam Edin Aala (à g.) avec Staffan de Mistura, l’envoyé spécial de l’ONU chargé de la recherche d’une résolution pacifique au conflit en cours en Syrie, à Genève au mois d’avril dernier.
© ONU/AFP

Revue de presse

La Syrie va présider la Conférence du désarmement de l’ONU à Genève

Ordre alphabétique oblige, le régime d’Assad succède à la Suisse, pour un mois. Mais comme cette institution est chargée, entre autres, de l’interdiction des armes chimiques, les Nations unies ne se décrédibilisent-elles pas un brin? Des médias et des sites internet sont outrés

Alors que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, détaille cet après-midi son initiative pour le désarmement lors d’une conférence à l’Université de Genève; alors que Vladimir Poutine reçoit ce jeudi Emmanuel Macron pour discuter entre autres de la Syrie dans un climat de vives tensions Est-Ouest; et alors, enfin, que le Conseil de sécurité discute de la situation humanitaire dans ce pays aujourd’hui même, lundi 28 mai, la République arabe syrienne prendra la présidence tournante de la Conférence du désarmement (Unoda), jusqu’au 24 juin.

Cette institution est chargée, entre autres, de l’interdiction des armes chimiques. «Ordre alphabétique oblige», la Syrie succède à la Suisse, précisait récemment Le Point. Et «pour la représenter à Genève», elle «n’a pas choisi un mollasson»: «L’année dernière, interrogé par les médias suisses, l’ambassadeur Hussam Edin Aala assurait que les combattants des groupes terroristes mangeaient les cœurs, les reins et ouvraient les ventres, quand ils ne brûlaient pas vifs leurs prisonniers.»

Des «anomalies» qui ne choquent pas

Alors, la question se pose: n’y a-t-il pas conflit d’intérêts et, «dans ces conditions, comment l’ONU peut-elle laisser Damas accéder à la présidence […] sans se ridiculiser»? En fait, «les hasards du calendrier et de l’alphabet auraient tout aussi bien pu conduire la Corée du Nord ou l’Iran à présider une session consacrée à l’interdiction des essais nucléaires». Ces «anomalies» ne choquent «guère les habitués du Palais des Nations», mais «Damas aura, malgré tout, un peu de mal à faire sa promotion», même si «cette courte présidence est essentiellement honorifique».

Le «pyromane chef des pompiers»

«Toujours est-il qu’aux yeux de l’opinion publique», cette visibilité étrange «du régime de Bachar el-Assad ne devrait certainement pas améliorer l’image et la crédibilité de l’ONU», déjà accusée de toutes parts de patauger dans le bourbier syrien. Hillel Neuer, directeur d’UN Watch, interrogé par la Deutsche Presse-Agentur, n’y va d’ailleurs pas par quatre chemins pour qualifier la chose: pour lui, c’est comme si l’on chargeait «un violeur d’un refuge pour femmes», a-t-il déjà protesté il y a un mois et demi:

«L’ONU n’a pas honte», renchérit le site Lemondejuif.infoUN Watch exhorte donc «les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et tous les autres Etats membres et observateurs de refuser» d’y envoyer des ambassadeurs. Et Hillel Neuer, très actif dans cette cause-là, de préciser que «le régime d’Assad ne peut tout simplement pas être un président crédible de cet organe». «Ou de tout autre organe des Nations unies», d’ailleurs. Car «l’utilisation par la Syrie d’armes chimiques mortelles […] va à l’encontre des objectifs et des principes fondamentaux de la Conférence». Aussi, cette présidence ne fera-t-elle «que nuire à l’intégrité du cadre de désarmement et de l’ONU, et aucun pays ne devrait l’appuyer», insiste-t-il.

Pour le site Lphinfo.com, «le cynisme et l’absurde n’ont plus de limites» avec le «choix de ce régime criminel» qui «laisse sans voix»: «Même s’il s’agit d’un très court mandat – quatre semaines – le temps de cette conférence, cet honneur confié à Damas qui utilise allègrement les armes chimiques contre hommes, femmes, enfants et vieillards montre à quel niveau d’immoralité et de discrédit est arrivé l’ONU, qui par ailleurs s’acharne de manière obsessionnelle contre Israël.» Et de préciser que la porte-parole du Département d’Etat américain, Heather Neuert, a dénoncé «une nomination scandaleuse, ne serait-ce que sur le plan symbolique».

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© Gabioud Simon (gam)