Lancé en 2017, le supplément «art de vivre» qui accompagne Le Temps vingt week-ends par an n’a pas pu paraître autant qu’il était prévu ces dernières semaines, l’effondrement de la publicité rendant la publication de T financièrement compliquée. Mais dès samedi, vous aurez en main le premier numéro d’une nouvelle époque pour le magazine, légèrement redessiné par le rédacteur en chef du Temps Stéphane Benoit-Godet, qui en prend la direction.

«Tout comme Le Temps est un journal généraliste avec de grandes ambitions éditoriales, T doit devenir son pendant dans le domaine du magazine», explique «SBG», le surnom de notre rédacteur en chef. T continuera de traiter de culture, d’architecture, de design et de mode à travers des démarches novatrices qui font réfléchir, mais il se veut plus à l’écoute des grands mouvements de société. Les sept causes que soutient Le Temps, notre feuille de route en faveur de l’égalité et de l’environnement mais aussi de la créativité suisse et de l’innovation, trouveront ainsi leur traduction dans le magazine, qui s’enrichira aussi d’enquêtes et de portraits en profondeur.

Des exemples? Un dossier explore dans le numéro de samedi l’impact de la pandémie sur le design, avec un reportage à Milan auprès des fondateurs d’Alcova, pilier des Design Weeks, et l’interview de la curatrice du MoMA de New York, Paola Antonelli – «Le futur du design se niche dans la collaboration avec les scientifiques», dit-elle. «Il faut que la fin de 
l’humanité soit élégante», dit-elle aussi…

«De l'intéressant»

Dans un registre plus léger, mais emblématique aussi de notre époque, T expose ce que sont devenues les comédiennes fétiches du Hollywood des années 1980, abandonnées des caméras pour cause de rides et d’embonpoint, tandis qu’un Tom Cruise va encore jouer les vedettes dans Top Gun: Maverick, la suite du film culte de 1986… Comment se créer un refuge intérieur, longévité de la veste en tweed Chanel, mystère des bijoux érotiques: «T veut être un compagnon plus intime que Le Temps, celui avec lequel on parle de l’intéressant dans ce qui est important.»

De nouvelles rubriques font leur apparition, telle la «to do list» de personnalités qui confient leurs envies. C’est la directrice du festival de Locarno, Lili Hinstin, qui étrenne en douceur ce gril psychosocial. «T a l’ambition de mettre en avant – et notamment dans sa politique de covers – les créateurs et ceux qui font bouger les lignes dans tous les domaines, explique encore SBG. Nous chercherons à travailler en priorité avec des talents suisses pour réaliser des projets ambitieux tant dans la conception du magazine que dans ses extensions.»

Curieux et épicurien sans être futile

A la une ce samedi justement, un Joël Dicker comme vous l’avez rarement vu, sombre, puissant, photographié par Anoush Abrar dans une salle de crossfit, sport où il cultive le dépassement de lui-même pour avancer dans ses livres. Vous découvrirez d’ailleurs, au fil de la longue conversation qu’il a eue avec Lisbeth Koutchoumoff, comment c’est un peu grâce au Temps que le romancier a situé en Suisse, à Verbier, son dernier opus, L’Enigme de la chambre 622… Le magazine accueillera ainsi des personnalités qui rayonnent et fédèrent autour d’elles, comme ces sportifs qui incarnent la persévérance match après match, ou ces artistes qui inspirent la beauté.

Les «extensions» dont parle SBG, ce sont notamment ces nouvelles narrations que T entend explorer comme le web, les vidéos, les podcasts voire l’événementiel, en profitant de l’expertise du quotidien. «Mais la mission première demeure, notre croyance en la noblesse de l’édition papier d’un magazine.» Un magazine compagnon, curieux et épicurien sans être futile.

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