Charivari

Des tattoos et moi. Détatouez-moi!

C’est l’été, la valse des tatouages peut commencer sur les corps qui se dénudent. Ou se terminer pour les propriétaires lassés. Mais se faire enlever un tattoo prend du temps et beaucoup d’argent. Pas de peau!

Le tatouage, un blason à vie? Une distinction pour l’éternité? Plutôt oui, en général. Tout à fait non pour ce voleur de vélo âgé de 17 ans qui, le week-end dernier, s’est fait tatouer son forfait sur le front. A São Paulo, deux hommes de 27 et 29 ans ont saisi l’ado en pleine action, lui ont attaché pieds et mains et ont gravé «Je suis un voleur de vélo» entre ses yeux et ses cheveux. Cheveux qu’ils lui ont ensuite rasés, lorsqu’ils ont vu que le pauvre garçon tentait de dissimuler avec sa frange la cruelle inscription.

Un émoi national

Le voleur présumé – lui prétend qu’il voulait seulement relever le vélo qu’il avait bousculé – a ému le Brésil entier: une campagne de dons en ligne pour l’aider à payer une opération de détatouage avait déjà permis lundi de réunir plus de 15 000 reais (environ 4400 francs), relatent plusieurs médias locaux.

Le fait divers est sinistre, symptomatique du climat social d’un des pays les plus violents du monde avec ses 60 000 homicides par année (oui, ça fait près de 165 par jour…). Mais ôter son tattoo peut être un acte beaucoup plus doux. Il y a cinq ans, je me suis penchée sur la question et j’ai découvert une discipline en plein essor: le détatouage par laser dit Q-Switché, nettement plus efficace que le laser au CO2 dont le résultat est si décevant qu’on surnomme ses œuvres les «Swiss cheese»!

Les avantages du laser

C’est que ce laser au carbone se contente de manger le tatouage en pointillé, comme si la grêle avait attaqué l’ouvrage, il est loin de l’éradiquer complètement. Alors qu’avec la méthode dite Q-Switché, le laser envoie des impulsions très courtes qui fragmentent l’encre en si petites particules qu’elles sont progressivement nettoyées par les cellules de l’organisme. Le résultat est bluffant. Mais douloureux en termes de temps et d’investissement. Vu qu’une séance efface de 4 à 8 mm de surface et qu’elle coûte jusqu’à 800 francs, ôter un tattoo peut prendre des heures et revenir jusqu’à 100 fois plus cher que de le faire faire…

Bref, on se démarque en se marquant et on se déplume en se dé-démarquant. Comique. Surtout en ces temps de plage et de piscine. Dimanche dernier, à Lutry, j’ai observé ces kilomètres de peau bariolée en me demandant combien d’étés – d’hivers aussi, mais surtout d’étés – lesdits tattoos seraient tolérés. Avant, on gravait «Maman pour la vie» et on se faisait enterrer avec ce serment jamais violé. Aujourd’hui, les messages sont clairement plus ouverts. Et les lasers clairement plus agités.


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