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La chaîne de télévision valaisanne Canal9.
© Olivier Maire/Photo-Genic

Editorial

Télévisions locales: les quantités négligeables

Le modèle économique des télévisions régionales romandes ne fonctionne pas. Alors que l’initiative No Billag menace leur existence, personne n’a su élaborer d’alternative

A peine remises de leurs frayeurs, elles craignent pour leur existence. Sauvées de la crise par une perfusion d’argent public, les télévisions régionales tremblent face à l’initiative No Billag. Le texte entend supprimer toute forme de redevance, alors qu’elles en dépendent pour près de 70% de leur budget. Pour le directeur de canal9, le vote, prévu en 2017, est «une question de vie ou de mort.»

Lire aussi : Nourries d’argent public, les télévisions locales tremblent face à No Billag

En rejetant cette initiative, le Conseil fédéral a choisi de ne pas proposer de contre-projet. La SSR s’en réjouit, parce qu’une alternative ne lui serait sans doute pas favorable. En l’état, les Suisses voteront donc pour ou contre le mammouth, ce géant que les élus s’amuseront à magnifier ou «basher» le temps d’une nouvelle campagne. A la fin, la SSR gardera tout, ou alors elle n’aura plus rien. Insignifiantes victimes collatérales, les chaînes régionales ramasseront les miettes ou disparaîtront.

Face à cette alternative en noir et blanc, le parlement fédéral serait bien inspiré de proposer un contre-projet. Mais la galaxie des opposants au service public reste trop hétéroclite. Cet agrégat de publicitaires, de touche-à-tout numériques, d’ennemis de la SSR ou d’ultralibéraux aura du mal à s’accorder sur une alternative.

A moins que la SSR ne réussisse l’exploit de se créer plus d’ennemis que d’amis, le service public restera donc immuable. Pourtant, sa politique de l’arrosoir mériterait d’être repensée. Lorsque les télévisions régionales sont nées, la Suisse espérait favoriser l’éclosion d’un paysage audiovisuel privé et varié. Aujourd’hui, elle hérite d’une constellation de petites SSR subventionnées.

Les chaînes régionales romandes sont si intimement liées à la SSR qu’elles ne savent plus si elles doivent aimer ce grand frère qui lui tend la main, ou détester ce géant qui les concurrence tant sur la ligne éditoriale que sur le marché publicitaire.

Leur taux de pénétration s’améliore à mesure que l’on s’éloigne des centres urbains. Comme si les régions périphériques voulaient défendre leur identité plus que les autres. C’est en Valais et dans l’arc jurassien qu’elles ont trouvé leur meilleur public. On peut en conclure que si elles doivent être soutenues, c’est par les cantons, plus que par la redevance.

D’autres bonnes idées, un peu vagues, ne manquent pas: la redevance pourrait être distribuée proportionnellement au contenu informatif. Ou alors, ce sont les émissions elles-mêmes qui devraient être jugées d’intérêt public, ou non, et donc subventionnées ou pas. Les technophiles libéraux parlent paywalls et abonnements numériques. Beaucoup ne veulent rien changer, faute de meilleure solution.

Sur la table, il n’y a pas de projet concret, mais une vérité nue. En Suisse, à de rares exceptions près, l’expérience montre que le modèle économique des télévisions régionales ne fonctionne pas.

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