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«Le Temps» fait son bilan écologique et n’est pas exemplaire

Capsules de café, rames de papier, consommation énergétique: nous faisons le point sur notre lutte anti-gaspillage et anti-plastique

Pour ses 20 ans, Le Temps s’est engagé en faveur du climat, c’est même devenu l’une de nos grandes causes. Depuis deux ans, nous lui avons consacré de très nombreux articles, ainsi que des conférences. Nous avons même demandé aux candidats aux élections fédérales de se positionner sur notre charte écologique. Mais force est de reconnaître que, malgré toutes nos bonnes intentions, nous-mêmes, au Temps, sommes loin d’être exemplaires, et qu’entre nos déclarations et nos gestes il y a un fossé rempli d’aliments périmés, bons à jeter, et de kilomètres de feuilles de papier.

Lire aussi tous nos articles consacrés à l'écologie, 3ème cause de nos 20 ans

Des habitudes à changer 

Les jeunes lecteurs qui ont participé à notre numéro Spécial climat (LT du 8 mai) ont ainsi été surpris par les gobelets en plastique présents dans la salle de briefing et par les capsules de café en aluminium dans notre cafétéria – qui sont bien sûr recyclées. Mais, tout comme dans la société, changer les habitudes de consommation de la newsroom n’est pas chose aisée.

Lire également: La charte écologique du «Temps» est lancée

«Quand nous avons retiré les fontaines à eau, car l’eau du robinet est potable, des journalistes se sont inquiétés», se souvient Monique Graber, responsable du Facility Management de Ringier Axel Springer. «D’autres ont eu du mal à renoncer aux gobelets quand nous avons mis à disposition des tasses en verre et en porcelaine.» Les habitudes ont fini par changer, en générant d’autres déchets: «Nous lançons trois machines à laver la vaisselle par jour, au lieu d’une auparavant.» Au risque d’user prématurément le lave-vaisselle, alors que le précédent, moins sollicité, n’a pas duré quatre ans.

Différents containers ont aussi été installés pour mieux recycler nos déchets, à la suite des conseils dispensés par une entreprise spécialisée d’Yverdon. Encore faut-il pratiquer correctement le tri sélectif. «Le nettoyeur doit systématiquement tout vérifier avant de vider les poubelles, car il y a des bouteilles en PET dans les poubelles à papier ou des canettes en aluminium dans la poubelle réservée au fer-blanc», fait remarquer Monique Graber, avec une pointe d'agacement.

Moins de plastique mais autant de déchets 

Autre consigne, les salariés se sont vu recommander l’utilisation de contenants réutilisables pour leurs repas de midi. Mais le résultat n’est pas là: «Des salariés prennent leur repas dans un bocal en verre consigné, mais oublient de le ramener, regrette Monique Graber. Certains viennent avec leur boîte en plastique mais l’oublient dans la cafétéria. D’autres abandonnent leur nourriture dans les frigos et elle est jetée à la fin du mois. Au final, nous avons autant de déchets qu’avant, mais il y en a moins en plastique.»

Un autre sujet sensible, le papier. Alors qu’il est recommandé de moins imprimer, et si besoin en noir et blanc et recto verso, la quantité totale de papier utilisée est restée identique: il faut bien savoir que l’impression papier reste essentielle dans un journal.

Un point positif de notre bilan écologique concerne notre consommation électrique, en baisse significative: «Il y a eu une réelle prise de conscience, reconnaît Monique Graber. Chacun prend soin d’éteindre son ordinateur ou les lumières avant de partir, et la climatisation a été peu utilisée cette année.» Ce bilan devrait encore s’améliorer lorsque Le Temps aura remplacé les ampoules de ses 300 luminaires par des LED.

Le Temps essaie aujourd’hui d’obtenir la certification B Corp, qui évalue les entreprises sur 80 critères environnementaux, mais aussi sociétaux, de gouvernance et de transparence. «Nous remplissons actuellement seulement la moitié des critères, pointe la journaliste de la rubrique Economie Rachel Richterich. Cela permet à la rédaction de se situer et de savoir d’où elle part afin de s’améliorer.»

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