«Bonjour Kiev, comment s’est passée la nuit?» C’est ainsi que démarrent les matinées du côté de la rédaction, dans le petit groupe qui échange en direct avec Boris Mabillard et Stéphane Siohan, les deux correspondants de la rédaction en Ukraine. La réponse ne traîne pas, heureusement. Nous savons qu’ils sont expérimentés, la base de la sécurité sur un terrain si dangereux. Le 24 au matin: «Les stations du métro de Kiev sont les plus profondes au monde. Elles font aussi office d’abris.» Le 25: «Ça a commencé à frapper vers 4h du mat, l’heure où précisément je me suis endormi.» Quelques jours plus tard: «Matin froid et calme. Il y aurait presque un parfum de normalité dans l’air.» Ils sont nos yeux et nos oreilles sur le terrain. Ils n’écrivent que ce qu’ils voient, reportant cet indispensable récit véridique, essentiel dans ce flux incessant d’images, d’informations et de propagande.

Sur le site du Temps.ch, le fil en continu est tenu 24h/24 pendant la semaine, en fonction de l’actualité le week-end. Information nourrie par les agences de presse, complétée par nos propres sources, vérifiée et améliorée par les informations de nos correspondants. Nos deux collègues situés aux Etats-Unis nous permettent de suivre cette actualité planétaire lorsque l’Europe dort. Ces éléments factuels sont essentiels, offerts à tous. Ils construisent le premier temps de l’information.

Chercher à comprendre et restituer

Nos correspondants basés à Paris et à New York apportent l’indispensable regard sur l’évolution des blocs européen, atlantiste, onusien, américain. Des journalistes se sont déployés ailleurs: en Pologne à l’arrivée des premiers réfugiés, en Estonie. Les correspondants indépendants, ailleurs en Europe, contribuent aussi à la compréhension des événements. Il faut récolter les témoignages, interroger les politiques, diplomates, universitaires, humanitaires. Chercher à comprendre, restituer.

Notre dossier: Pour comprendre la guerre en Ukraine

La rubrique internationale assure la couverture de cette guerre en Ukraine, mais les journalistes des autres rubriques du Temps contribuent au décryptage de cette actualité, tant les enjeux sont larges, complexes et interdisciplinaires. Les analyses, interviews, articles de fond et commentaires sur toutes les questions que ce conflit soulève se construisent au fil des jours et des événements.

Moscou? Il a fallu mettre en place des mesures de contournement. La loi adoptée par la Douma début mars infligeant jusqu’à 15 ans de prison aux auteurs de «fausses informations». Revues de presse, quelques reportages. La grande chance d’avoir pu publier, ce week-end, le récit d’Emmanuel Carrère. Et celle d’avoir ouvert l’horizon sur les cultures russe et ukrainienne, abordées avec tant de finesse par les plumes d’Entre-Temps.

Permettre le débat

De nombreuses opinions sont publiées. L’émotion est intense, dans le monde et par répercussion en Suisse. Le débat ressurgit à propos de sujets mis de côté, voire oubliés: l’armée, la neutralité, l’impact et l’efficacité des sanctions, la menace nucléaire, biologique, le rôle des artistes, sportifs, scientifiques.

Le supplément créé pour les adolescents et les enseignants a été décidé rapidement, conçu pour rassembler la matière et la diffuser plus largement. Pour répondre à leurs questions, à certaines inquiétudes aussi. Les vidéos, explicatives, cartes, et infographies condensent encore un peu plus la matière, offrant ce que l’écrit ne permet pas de montrer. Informer est si important. En temps de guerre, plus encore.

Le Temps publie des chroniques et des tribunes – ces dernières sont proposées à des personnalités ou sollicitées par elles. Qu’elles soient écrites par des membres de sa rédaction s’exprimant en leur nom propre ou par des personnes extérieures, ces opinions reflètent le point de vue de leurs autrices et auteurs. Elles ne représentent nullement la position du titre.