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«La Flor», de Mariano Llinás (Argentine, 2018).
© DR

(in) culture

Le temps s’étire, et l’émotion file

Le Locarno Festival a montré en compétition un très long métrage de 13 heures et 28 minutes, sans les intermèdes. L’expérience est intéressante, mais le plaisir de cinéma n’est pas au rendez-vous

Un film de 808 minutes en compétition officielle. Au moment de découvrir la programmation du 71e Locarno Festival, j’ai été pris d’un immense vertige. Heureusement, La Flor, de l’Argentin Mariano Llinás, est projeté en trois parties, et avec des pauses. Au moment de rédiger cette chronique, je sors de la deuxième.

La Flor ne raconte pas une histoire unique. Le film propose six épisodes, avec à chaque fois les mêmes quatre actrices dans les rôles principaux. Chaque épisode reprend plus ou moins les codes d’un genre. Le réalisateur l’explique lui-même à l’écran avant que le premier ne commence. Il y a donc une série B, une comédie musicale, un film d’espionnage, un hommage au cinéma français classique, un film historique et un autre au style pas très clair. Les quatre premiers épisodes n’ont pas de fin, le cinquième est complet, le sixième commence au milieu.

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Le troisième dure – sans les intermèdes – quelque 310 minutes. Les quatre actrices incarnent quatre espionnes. Quelque part en Amérique du Sud, elles retiennent en otage un scientifique suédois. Quatre autres femmes les traquent, et tout est fait pour nous amener à un duel final qui n’aura pas lieu. Cet épisode se subdivise en trois actes et dix parties. Parmi celles-ci, quatre racontent l’histoire d’une de ces espionnes.

Quelque chose de démonstratif

J’ai entendu dire que La Flor serait une réponse du cinéma aux séries télé, où la narration s’étire à l’infini et où les personnages deviennent des compagnons au long cours. Mais non, La Flor, c’est bien du cinéma. Le langage qu’utilise Llinás est celui du 7e art. Il y a dans son film de beaux moments, mais finalement peu d’émotion. Le plaisir ne vient pas d’une approche formelle envoûtante, ni d’histoires captivantes. Lorsqu’on se laisse embarquer, il vient plutôt des quatre actrices, que l’on voit passer d’un personnage et d’un registre à l’autre, comme si dans le fond il s’agissait plutôt d’un documentaire sur le métier de comédien.

Qu’en penser? Il y a là, certainement, quelque chose de démonstratif et prétentieux. Boyhood, tourné par Richard Linklater sur douze ans, est autrement plus intéressant et généreux. Et si on veut parler d’émotions, le film de ce 71e Locarno Festival qui m’aura le plus touché est Make Way for Tomorrow, réalisé en 1937 par Leo McCarey. Celui-ci y parle, à partir d’un couple de retraités obligé de se séparer pour survivre, des relations familiales et intergénérationnelles, d’amour et de compassion. Et c’est beau. Llinás, lui, aurait dû être invité hors compétition.


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