Editorial

La tentation clanique de Donald Trump

Après des déclarations pacificatrices, les premières nominations du nouveau président des Etats-Unis ne rassurent pas vraiment quant à la manière dont il pourrait diriger la première puissance mondiale, entouré de son clan

Le contraste est saisissant. D’un côté, Barack Obama, qui lors d’un dernier voyage en Europe, prône des valeurs démocratiques et d’ouverture, de l’autre, Donald Trump qui forme sa nouvelle administration avec son équipe de transition, retranché dans sa Tour de Manhattan, en cherchant à échapper aux médias.

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Reclus dans son prestigieux gratte-ciel, Donald Trump n’est plus apparu publiquement depuis le discours qui a suivi son élection. C’est dans une ambiance tendue – plusieurs membres de l’équipe ont été limogés –, que les tractations se déroulent. Surtout, le président élu fonctionne en mode clanique. Ses trois enfants aînés sont omniprésents, ainsi que, Jared Kushner, son gendre, à qui l’on prête l’ambition d’occuper une fonction officielle.

De quoi faire fuser les accusations de népotisme. La présence de Jared Kushner et d’Ivanka, lors de sa première rencontre officielle avec un dirigeant étranger, le chef du gouvernement japonais, ne fait que renforcer les doutes.

Un poste de juge fédéral lui a échappé

Mais loin des spéculations, ce sont bien les nominations pour des postes clés qui seront révélatrices de la manière dont il compte mener sa présidence. Celle, dimanche, du controversé Stephen Bannon, chantre de la suprématie de la race blanche, animateur du site ultra-conservateur Breitbart, comme conseiller stratégique, a de quoi inquiéter. Un choix qui incarne une Amérique repliée sur elle-même et accentue le fossé existant, alors même que Donald Trump avait opté pour un ton pacificateur lors de son premier discours, laissant penser un instant que l’homme président s’était éloigné de l’agitateur virulent et outrancier aux formules intempestives.

Vendredi, rebelote. La nomination du sénateur Jeff Sessions comme ministre de la Justice prouve que Donald Trump ne semble pas vraiment prêt à donner des gages à ses détracteurs. Jeff Sessions est un ultra-conservateur qui a vu un poste de juge fédéral lui échapper sous l’ère Reagan pour avoir tenu des propos racistes et pro-Ku Klux Klan. Le général à la retraite Michael Flynn, promu conseiller à la sécurité nationale, lui, est connu pour son obsession anti-islam.

Rencontre avec Mitt Romney

Les prochaines nominations seront donc déterminantes. Dimanche, Donald Trump rencontre Mitt Romney, pressenti pour devenir Secrétaire d’Etat alors même que ce dernier s’est souvent montré très critique à son égard. Voilà qui permettrait au milliardaire new-yorkais de prouver qu’il sait aussi s’entourer de gens qui osent le contester et le défier. Et pas uniquement s’appuyer sur ses plus fidèles lieutenants et son propre clan.

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