Zappropos

Terres inconnues et secrets d’histoire illuminent la semaine télévisuelle

Notre sélection des meilleurs moments à passer devant la TV entre le lundi 28 décembre et le dimanche 4 décembre 2016

La grande évasion

Pour le nouvel inédit de Rendez-vous en terre inconnue, c’est l’actrice Mélanie Doutey (Entre Amis d’Olivier Baroux) qui, les yeux bandés, prend le bras de Frédéric Lopez et s’envole direction l’extrême ouest de la Mongolie. Or, elle a de lointaines origines… mongoles, ce qui met du piquant dans sa rencontre, par – 30°C, avec une famille d’éleveurs des endémiques chameaux de Bactriane. Voyage extraordinaire dans un décor lunaire où, selon le principe de cette émission parfois accusée de perpétuer le mythe des «peuples arriérés», une «vedette en déconnexion» est toujours mise en présence d’une civilisation qui se bat pour ses traditions tout en cherchant à assurer un avenir aux nouvelles générations. Emotifs ne pas s’abstenir: larmes garanties sur facture (France 2, mardi 29, 21h).

«Tous les Acadiens, toutes les Acadiennes/Vont chanter, vont danser sur le violon/Sont Américains, et elles sont Américaines/La faute à qui donc? La faute à Napoléooooon»… C’est évidemment ce tube de Michel Fugain et le Big Bazar, repris en 2015 par… l’Acadienne Natasha St-Pier qui vient en tête lorsqu’on évoque cette terre francophone de grands espaces encore préservés, en Amérique du Nord. Faut pas rêver nous y emmène, dans ce sud-est du Canada. En Acadie, justement, qui n’est pas un pays mais un peuple de 300 000 âmes, les descendants des colons français qui s’y sont installés au XVIIe siècle. L’occasion de plonger, entre autres, au cœur du Grand Tintamarre de Caraquet, la Fête nationale des Acadiens au Nouveau-Brunswick (France 3, mercredi 30, 20h55).

Autre portrait, mais plus intime et poétique, d’une minorité à l’heure de la globalisation (vilipendée), le film documentaire de Céline Carridroit et Aline Suter explore le romanche, dont la musicalité résonne dans les textes d’un écrivain, les jeux d’un enfant, les chansons d’une comédienne ou le récit d’une femme qui l’a appris par amour pour un homme. Resuns/Echos, ce sont les vibrations d’une langue «qui résonne toujours un peu moins fort, toujours un peu moins loin», mais rappelle surtout que l’identité se forge aussi par l’oralité (RTS Deux, lundi 28, 22h).


Histoires d’Histoire

Autre sanctuaire, moins lyrique, voici celui du IIIe Reich. Le documentariste allemand Michael Kloft a fouillé les vestiges de La Montagne d’Hitler pour imaginer ce vaste complexe vacancier conçu pour l’usage personnel du Führer en Bavière, près de Berchtesgaden. Là, à deux pas de la frontière autrichienne, sur les hauteurs de l’Obersalzberg, il s’isolait fréquemment pour mettre au point ses plans démoniaques. En avril 1945, la Royal Air Force l’a bombardé (RMC Découverte, vendredi 2, 20h50).

Toujours dans le même «registre» historique, la chanson «Lili Marleen», dont on retient surtout la version de Marlène Dietrich après-guerre, a été auparavant tour à tour utilisée et interdite par la propagande nazie, adoptée par les soldats de la Wehrmacht puis par les soldats des Alliés. Dans une cinquantaine de langues, c’est un tube planétaire. Ce n’est pourtant pas un chant de guerre, bien qu’il fût utilisé pour doper le moral des armées. Mais comme un symbole, lorsque la victoire a changé de camp, le destin de «Lili Marleen» a basculé. Cette rediffusion de L’Ombre d’un doute est suivie d’un autre épisode de l’émission de France 3, consacrée au «casse du millénaire», en septembre 1792, lorsque les joyaux de la Couronne française, la plus riche collection de bijoux en Europe, disparaissent. Vol orchestré par les royalistes? Un coup des Anglais pour affaiblir la France? On n’a jamais su… (Numéro 23, jeudi 1er, 20h55 et 22h10).


Liaisons dangereuses

Dans la poudrière proche-orientale, l’Arabie saoudite est un des pays les plus fermés du monde, où les journalistes entrent au compte-gouttes. D’où l’intérêt du documentaire de Claude Trinquesse (F/2016), dont l’équipe a pu exceptionnellement filmer le berceau du wahhabisme. La monarchie absolue saoudienne, qui maintient un ordre dictatorial dans le pays, est soupçonnée de jouer un double jeu dans la lutte contre le terrorisme international et le djihadisme. Ce régime, qui s’abritait jusqu’ici sous le parapluie américain, est devenu très encombrant pour ses amis (RTS Deux, dimanche 4, 21h45).

Autres liaisons dangereuses, celles que les internautes entretiennent avec Facebook. Après des années de vie commune, c’est normal qu’on se pose des questions sur notre relation au géant bleu, non? Ce rapport fluctuant, parfois très proche voire envahissant, et parfois très distant. Dans Facebook & moi, plusieurs utilisateurs du réseau social évoquent cette ambivalence, les différentes raisons qui les ont motivés à s’y inscrire et l’usage qu’ils en font au quotidien (Planète +, lundi 28, 20h55).

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