L’afflux des touristes et le chaos aux aéroports, les familles bloquées sur les quais en raison des grèves ou du manque de trains, la ruée vers le sud, les terrasses de montagne qui débordent: la vie d’hier semble avoir repris son cours. Ni la perspective d’une pénurie d’énergie et les effets de l’inflation, ni la sixième ou septième vague de pandémie avec le retour des masques dans les transports publics, ni l’effondrement catastrophique du glacier de la Marmolada et l’appréhension du basculement climatique ne sauraient nous détourner du seul grand projet de cet été: partir, oublier, se mettre entre parenthèses. Et il n’y a qu’à suivre les conseils prodigués par Le Temps ce jeudi. Pourtant, en remettant Stefan Zweig et son Monde d’hier au présent, il faut s’y résoudre: «Pour notre génération, il n’y a point d’évasion possible, point de mise en retrait: grâce au synchronisme universel, nous sommes constamment engagés dans notre époque. Il n’y a point de protection contre cette information et cette participation permanente.»