Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Un TGV Lyria en gare de Lausanne.
© Jean Vernet - Montreux / Image fournie par l'entreprise Lyria

Transports

Le TGV Lyria, grande victime de la grève de la SNCF

Depuis le début du mouvement social, le trafic ferroviaire est fortement perturbé entre la Suisse et la France. De quoi exaspérer les usagers et pénaliser la société qui exploite ces lignes

La météorologie sociale n’est pas une science exacte. Depuis le début de la grève, les trains circulent au compte-gouttes entre la Suisse et la France. Cette incertitude exaspère les usagers, et ils sont nombreux à exprimer leur mécontentement sur les réseaux sociaux.

Un touriste suisse raconte sur Twitter avoir dû écourter son séjour à Paris à cause du mouvement social. Il a également revu ses plans pour Madagascar, la faute cette fois à Air France qui a supprimé un vol direct. «Je vous aime amis français, mais moins aujourd’hui», soupire-t-il. D’autres interpellent directement TGV Lyria. «Est-il possible de parler à un humain qui comprend quelque chose?» s’agace une internaute sur la page Facebook de la société.

Accusée de tous les maux, cette dernière répond tant bien que mal aux doléances des clients. Elle doit bien souvent confirmer la suppression du train en question, et le remboursement du billet. Le Salon du livre de Genève, qui a ouvert ses portes ce mercredi, subit de plein fouet cette grève. Plusieurs auteurs français ont renoncé à faire le déplacement. «Mais on a réussi à limiter les dégâts. On a trouvé des modes de transport alternatifs, il a fallu être créatif», explique une responsable presse.

Des pertes importantes pour Lyria

La compagnie Lyria doit, elle aussi, faire preuve de créativité pour faire circuler quelques trains. Elle négocie en coulisse avec l’administration ferroviaire française. Résultat: cinq allers-retours entre la France et la Suisse sont assurés toute la semaine. En dehors des journées de grève, le trafic est normal, avec 20 allers-retours quotidiens. Ce samedi, il y en aura six, car Lausanne, Genève et Zurich bénéficieront chacun de deux allers-retours dans la journée. «Face à cette grève historique, la SNCF a décidé de maintenir les lignes urbaines, donc celles du quotidien, et les trajets entre les villes. Lyria est maintenant devenu une priorité du groupe français», assure Andreas Bergmann, patron de Lyria.

Si la situation s’améliore doucement, l’inquiétude reste grande. Pour le seul mois d’avril, les pertes se chiffrent à plusieurs millions d’euros. Quant au deuxième trimestre de 2018, il s’annonce «catastrophique». «Défendre l’équilibre financier de l’entreprise est un vrai challenge, mais nous avons des actionnaires [la SNCF et les CFF] suffisamment solides», ajoute le patron de Lyria. Ces difficultés tombent particulièrement mal. Pour la première fois en cinq ans, Lyria est redevenu bénéficiaire l’an dernier après avoir transporté 5,2 millions de personnes.

«Les gens sont plutôt contents»

Un agent de train romand a bien voulu raconter son quotidien sous le sceau de l’anonymat. En temps normal, il réalise six allers-retours entre Lausanne et Paris par semaine. En ce moment, il se contente d’un voyage. Ce salarié a par ailleurs remarqué une baisse du taux de remplissage des trains qui parviennent à circuler, alors qu’il s’agit d’un tronçon habituellement apprécié des voyageurs. En période de grève, le personnel à bord est en première ligne.

Doit-il calmer des passagers excédés? «On ne subit pas de plaintes puisqu’on travaille. En réalité, les gens sont plutôt contents de nous voir et je n’ai pas eu d’échos négatifs de la part de mes collègues», assure-t-il. Selon lui, la situation est en train de se détendre.

La grève «perlée», qui prévoit une mobilisation par intermittence, montre d’ailleurs ses limites. «On se retrouve dans un conflit qui a du mal à obtenir des concessions du pouvoir politique, car il n’a pas la capacité perturbatrice suffisante pour faire bouger un exécutif qui apparaît déterminé dans sa volonté de passer en force», explique à Franceinfo Stéphane Sirot, historien spécialiste des mouvements sociaux. Andreas Bergmann espère une sortie de crise prochaine: «Tout le monde a compris que cette grève menace l’attractivité du train.»

Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)