Il y a des montres et des horloges, beaucoup de montres et d’horloges, mais aussi des coucous suisses et beaucoup de plans du vénérable Big Ben. Et il y a aussi des réveils, des appareils analogiques ou à affichage numérique, de multiples mentions orales ou écrites de l’heure qu’il est. The Clock, qui a valu à Christian Marclay le Lion d’or de la Biennale de Venise 2011, est un formidable film de montage face auquel il est impossible de ne pas verser dans l’hyperbole. Hypnotique, prodigieux, fascinant, vertigineux, il est tout cela à la fois, et plus encore.

Artiste et musicien, Chistian Marclay est né en Californie, il travaille à Londres, mais il est Genevois d’origine. Et c’est là, dans la ville où il a en partie étudié, que The Clock est présenté à partir de ce week-end en première romande. Visible dans l’ancien cinéma Plaza, l’œuvre met bout à bout des milliers d’extraits de films donnant l’heure. C’est cela, d’abord, qui interpelle. Pas besoin de regarder sa montre ou son téléphone plus ou moins intelligent, on sait minute après minute exactement l’heure qu’il est. Alors que le cinéma, en marge de certaines expériences de films en un seul plan-séquence, est l’art de compresser ou dilater le temps, il se vit exceptionnellement en temps réel.