Chronique

Le théâtre du pouvoir

Jacques Neirynck, Yvette Jaggi, Ignazio Cassis et Fathi Derder

Transitif

Jacques Neirynck est membre du comité de soutien à l’initiative Minder. Mais la lecture du dernier numéro de La Politique, le magazine du PDC, réserve une surprise. Il contient un flyer recommandant le rejet de l’initiative et, juste à côté, il y a la photo de Jacques Neirynck, qui signe l’éditorial du magazine. Intitulé «La Transition», son commentaire est consacré au vaste thème du passage. Et, sous sa plume, on lit ceci: «La transition est devant nous. Allez voter le 3 mars. Les recommandations du PDC sont deux fois oui et une fois non. Oui à l’article de la famille. Oui à la LAT. Non à l’initiative Minder. Mais surtout allez voter: ne ratez pas la transition.» Jacques Neirynck n’a pas raté la sienne.

Inventif (inventive)

Yvette Jaggi a été honorée jeudi par l’ambassadeur de France, Michel Duclos, qui lui a remis les insignes de commandeur de l’Ordre national du mérite. A cette occasion, Yvette Jaggi a évoqué son combat féministe. Elle a raconté comment elle a dû faire preuve d’inventivité pour imposer le mot «syndique». Elle a souligné que l’ancienne ministre mitterrandiste Yvette Roudy ne l’avait guère aidée à l’époque, car elle signait «LE ministre des Droits de la femme». Le combat d’Yvette Jaggi n’est toutefois pas terminé: il doit bien y avoir une version féminine de «commandeur», non?

Dépréciatif

Ignazio Cassis est fâché. Il en a assez de voir que les chaînes tessinoises figurent en queue de liste des canaux préprogrammés sur les téléviseurs des hôtels suisses. Pire: la RSI vient «souvent après Al-Jazira», s’indigne-t-il dans une question adressée au Conseil fédéral. Il en sera pour ses frais. Le gouvernement ne voit pas comment intervenir auprès des câblo-opérateurs, dont la pratique est jugée dépréciative pour la minorité italophone. L’Ordonnance sur la radio-TV prévoit certes que les programmes de la SSR doivent être «diffusés sur les premiers canaux», répond-il au libéral-radical tessinois. Toutefois, «à l’ère numérique, il devient de plus en plus difficile d’imposer des dispositions contraignantes sur le préréglage des chaînes diffusées», écrit le Conseil fédéral. A l’hôtel, il faudra continuer de zapper Al-Jazira pour apprendre ce qui se passe au Tessin.

Subjectif

Ueli Maurer exerce sa fonction de président de la Confédération avec une frileuse retenue qui contraste avec ses prédécesseurs, s’inquiète Fathi Derder (PLR/VD) dans une interpellation. Le conseiller national critique l’absence de cohérence du gouvernement, qui laisse ses présidents successifs remplir leur mandat à leur guise. Il demande «une définition objective» de la présidence, «moins dépendante des goûts» de chacun. Il aura du boulot. Dans sa réponse, rendue mercredi, le Conseil fédéral dit que c’est très bien comme ça et que «rien ne s’oppose à ce que le président imprime une touche personnelle à cette fonction». En résumé: circulez, il n’y a rien à voir. Et tant pis si le monde change autour de la Suisse. berne

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