Tête en l’air

Lorsqu’il a pris la parole samedi dernier devant les délégués du PLR réunis à Thoune, Johann Schneider-Ammann s’est senti obligé de leur adresser un «Mesdames et Messieurs» en français, sous prétexte qu’aucun mot n’avait été prononcé dans cette langue jusque-là. Mal lui en a pris. La tête ailleurs, le ministre de l’Economie n’avait pas entendu le discours d’ouverture, prononcé aux trois quarts en français, du président du PLR bernois, le Biennois Pierre-Yves Grivel. Voilà une distraction linguistique qui tombe plutôt mal, car Johann Schneider-Ammann est déjà en délicatesse avec les milieux romands de la formation à cause de ses déclarations sur la maturité.

Réfractaire

A propos de langues: le président du Conseil national, Hansjörg Walter, est en visite au Canada. Il s’y entretient avec des officiels, des entrepreneurs, des exploitants agricoles. Mais en quelle langue? La question se pose. Car le Thurgovien est tout sauf polyglotte. Celui qui est aussi le président des paysans suisses est réfractaire aux autres idiomes que le sien. Le secrétaire général du parlement, Christoph Lanz, qui l’accompagne, lui sert sans doute de traducteur. Hansjörg Walter n’est cependant pas le seul politicien suisse à connaître des problèmes de compréhension. Son collègue Hans Altherr, qui préside le Conseil des Etats, est lui aussi en voyage. Au Tadjikistan et au Kirghizistan. Il a placé la barre encore plus haut, car on peut douter qu’il maîtrise les subtilités du tadjik et du kirghiz.

Ordinaire

Alain Berset a participé au forum de la Région capitale suisse, qui a pour ambition de redonner du poids à l’ensemble économico-politique entourant la Ville fédérale. Dans son discours, il a, avec une pointe de malice, détaillé ce qui rassemble et ce qui différencie les cantons qui composent cette région (LT du 31.10.2012). Malheureusement, le communiqué de presse publié au terme du forum n’a retenu d’Alain Berset qu’une citation d’une totale banalité: «La région capitale est une chance pour le pays entier.» Il est vrai qu’il a prononcé cette phrase digne du Champignac d’or, mais les auteurs du communiqué auraient pu retenir quelque chose de plus profond et de moins ordinaire.

Spectaculaire

Après le succès de 2011, l’opération est reconduite cette année. Tous les soirs à 19h et 20h30 jusqu’au 27 décembre, un spectacle son et lumière est projeté sur la façade en mollasse du Palais fédéral. On y retrace les grandes innovations du pays, ses traditions et, dès le 2 décembre, l’Avent. Cette féerie bigarrée anime ainsi les vieilles pierres du bâtiment, dont l’histoire ne cesse d’être réécrite au fil de sa rénovation. En effet, après avoir découvert sous ses épais murs les restes d’un cimetière juif, voilà qu’on vient de mettre au jour les fondations de l’ancien hôpital de l’Ile, qui avait d’abord été construit à cet endroit. Mais, avant d’être une curiosité archéologique et un cinéma en plein air, le Palais fédéral est un lieu de travail. C’est pourquoi le spectacle ne sera pas diffusé les 3 et 10 décembre, car le parlement siège en séance nocturne ces jours-là. Tout de même.

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