La stupéfiante affaire Tiger Woods a rebondi mercredi, de manière renversante, avec l’aveu par le golfeur vedette qu’il avait commis des actes semblant confirmer des rumeurs sidérantes d’une liaison extraconjugale. Jugez-en: c’est abominable. Eloignez les enfants. «J’ai trahi ma famille et je regrette de tout mon cœur ces écarts de conduite», a avoué le prodige du golf dans un communiqué mis en ligne sur son site internet officiel. «Je ne suis pas sans défauts, et je suis loin d’être parfait», écrit-il notamment, en précisant qu’il allait s’efforcer «d’être une meilleure personne et le mari, le père que [sa] famille mérite». «Pour tous ceux qui m’ont soutenu au fil des années, je présente mes plus plates excuses», conclut-il.

Mais qu’est-ce qui a bien pu déclencher ce touchant acte de contrition? Revenons en arrière. Non sans oublier le coup d’œil dans le rétroviseur, ce que le numéro un mondial du golf, 33 ans, marié depuis cinq ans à un ancien mannequin suédois, père de deux jeunes enfants, a manifestement omis de faire, ce grand distrait. Même si l’alcool n’aurait joué aucun rôle dans l’ébaubissant accident.

Car les insistantes rumeurs de liaison se sont emballées depuis qu’il a été victime, le 27 novembre dernier, de cet éberluant accident de voiture en pleine nuit, à proximité de sa propriété d’Orlando, en Floride. (Il vient d’être été condamné à une amende de 164 dollars pour «conduite imprudente». Pour la police, l’affaire est close. Ouf, on respire.) Dans la foulée, le site TMZ.com, spécialisé dans la vie et le cul des célébrités, a assuré que Woods entretenait une relation extraconjugale avec une hôtesse de bar new-yorkaise et qu’une dispute avec sa femme à ce sujet avait provoqué l’effarant accident. Le golfeur avait ensuite démenti ces spéculations, après la publication, en «une» du magazine US Weekly, du témoignage de la dame, explique Le Nouvel Observateur. Elle «affirme avoir entretenu une relation avec Tiger Woods» et «déclare avoir des preuves de leur aventure, qui aurait duré trente et un mois», selon 7 sur 7. Trente et un. pas trente.

Et ce n’est qu’un des médusants éléments de ce feuilleton suffocant où Tiger Woods parle à tort et à travers. De quoi faire les délices de L’Equipe: «Tiger Woods, qui n’a finalement eu que des blessures légères au visage, s’est exprimé via un communiqué. «Comme vous le savez tous, j’ai eu un accident de voiture, qui n’inclut que la mienne.» Sous-entendu: de voiture. «C’est une affaire privée et je veux qu’elle le reste. […] La seule personne responsable de cet accident est moi-même. Ma femme […] a agi courageusement quand elle a vu que j’étais blessé. Elle a été la première à m’aider. Cet incident a été stressant et très difficile» à vivre.

Voilà un épatant acte de loyauté conjugale qui nous active furieusement les canaux lacrymaux… Et nous arrache des torrents de rire, comme au Canada, où La Presse annonce que la Cadillac de Woods est dans un «état critique, mais stable». Et d’approfondir l’enquête. Nous «sommes des adultes matures, sérieux – austères, même – des professionnels de l’information qui réfléchissons constamment au rôle des médias et des voitures sport dans la société. Et nous savons que nos lecteurs, comme nous, ne sont nullement intéressés aux potins abjects déferlant sur le golfeur milliardaire Tiger Woods, qui a eu un accident inexplicable en reculant sa Cadillac Escalade de l’année dans une borne-fontaine, puis en la plantant dans un arbre juste à côté de son manoir

«Qui serait assez immature pour regarder les photos de sa jolie épouse ex-top modèle suédoise et de la somptueuse et sexy hôtesse VIP mentionnée dans un vilain site à rumeurs américain, alors qu’il y a des articles importants et de fascinants éditoriaux sur l’actualité politique?» enchaîne la satire en répondant: «Certainement pas nous!» En revanche, nous avons «la responsabilité civique de poser la vraie question dans cette affaire: comment se porte la voiture?» Et ce sera tout pour aujourd’hui, car on a notre dose de vile et infâme ignominie. Oui, c’est vraiment abject.

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