Il n’est pas question de nier les extraordinaires réalisations de la Chine depuis quarante ans – à commencer par ce qui a été maintes fois souligné, i.e. le fait que quelques centaines de millions de personnes ont été sorties de la pauvreté – même si ce développement économique a pris corps à travers l’appropriation de technologies étrangères et au prix d’une sévère contamination de l’air, de l’eau et des sols. Il n’est pas non plus question de nier que chaque grande puissance cherche à exporter son modèle de société.

Tant que les Chinois nous fournissaient en t-shirts et en petite électronique, nous n’étions qu’assez peu affectés par la nature du régime. Maintenant que les Chinois sont dans la course technologique, c’est une autre affaire. Ils n’exportent pas simplement de la technologie; ils exportent aussi de façon sous-jacente un modèle politique, une vision et des valeurs qui risquent de se heurter à notre système et à nos croyances. J’ai beaucoup de respect pour mes amis chinois; mais force est de reconnaître que le traitement des libertés individuelles et des dissidents par le régime chinois reste éloigné des conceptions occidentales. Nous n’avons pas encore totalement oublié la répression sanglante des manifestations étudiantes de 1989.