Laurence De Cecco

Touche pas à mon sac Hermès, je sors d’un cours de self-défense…

Dans la presse, dans les conversations de tous les jours, l’insécurité fait l’objet de préoccupations constantes. Les politiques également y vont de leur antienne, en brandissant ce mot comme un épouvantail. Ils ne manquent d’ailleurs jamais de la dire «croissante»…

Qu’il soit perçu ou réel, ce sentiment d’insécurité se vit cependant au quotidien, en particulier pour les femmes. Ce qui pousse certaines d’entre elles à prendre des cours d’autodéfense. Un moyen de se rassurer? Oui, sans doute. Identifier les situations à risque, éviter les agresseurs et les vols, voici quelques-unes de leurs motivations. Mais elles cherchent surtout à s’approprier quelques techniques auto-sécurisantes pour se sentir plus fortes lorsque, par exemple, elles rentrent tard du travail ou de soirées.

Je ne connais pas une femme qui, un jour, n’a pas dû faire face à une situation inconfortable ou «délicate». Et de se demander: comment gérer efficacement l’agressivité et la violence qui animent parfois les rapports humains? Les cours d’autodéfense apportent certainement quelques réponses.

Personnellement, j’ai trouvé dans le krav maga la forme la plus aboutie de l’autodéfense préventive. Cette technique d’origine militaire, qui a été adaptée aux besoins des civils, est jugée particulièrement efficace. La méthode fait d’ailleurs aujourd’hui l’unanimité auprès des professionnels du renseignement, des groupes d’interventions, policiers et militaires. On y analyse les comportements physiques, on y apprend entre autres à maîtriser des types de coups de pied et de coups de poing pour repousser une attaque. Des mouvements qui appartiennent habituellement à un registre plutôt masculin et pourtant… Tout le monde peut en retirer quelques bénéfices.

Sous sa forme revisitée, le succès du krav maga croît auprès du grand public et des femmes de tous âges. Certes, en termes de perception, les femmes qui pratiquent ce genre de discipline combative se voient souvent affublées de l’étiquette de femmes agressives ou déterminées. Il arrive également à celles qui en parlent ouvertement d’être perçues instantanément de manière différente dans leur vie privée comme en affaires. Pourquoi? Parce qu’elles sont plus affirmées, donc mieux respectées. Les mots d’ordre du krav maga étant efficacité et confiance en soi, il n’est d’ailleurs pas surprenant d’assister à un changement radical dans le mode de fonctionnement de ces femmes.

Plus concrètement… Après plusieurs cours de cette méthode d’autodéfense, j’ai été formée à faire face à des situations diverses: identifier dans la rue et dans les parkings les personnes et les endroits à risque, déjouer un car-jacking ou encore imposer des barrières physiques dans un ascenseur. On y apprend également que transformer un téléphone, un parapluie, une clé ou un simple crayon en objet de défense est assez aisé. Partant d’une apparente position de faiblesse, les techniques d’autodéfense nous permettent d’inverser les rôles pour mettre des limites à celles et à ceux qui recherchent le rapport de force. L’effet de surprise devient dès lors notre meilleur allié.

Basée essentiellement sur les réflexes, cette discipline permet d’apprendre rapidement à gérer ses émotions et à réagir de manière appropriée aux situations difficiles. L’esprit valide d’ailleurs avec beaucoup de satisfaction l’expérience d’un corps dont les mouvements sont libres, directs et efficaces. On peut ainsi parler du développement de forces vitales dans le sens premier du terme. Les bénéfices secondaires sont également nombreux: renforcer la confiance en soi, la capacité à résister au stress, gérer les contraintes et les relations conflictuelles et mieux appréhender les techniques de négociation.

Participer à une instruction d’autodéfense avant de prendre des décisions stratégiques importantes permet par ailleurs d’activer positivement l’estime de soi, d’évacuer le stress et les peurs s’il y en a. Cela permet aussi de bien placer des limites physiques, et émotionnelles. Par exemple, dans le cadre de la négociation d’un futur projet avec un client très compliqué, souhaitant son exécution à des conditions financières et des délais irréalisables, j’ai constaté que ma capacité à renoncer facilement à un mandat, ne correspondant pas à mes visions et aspirations, se fait avec davantage de détermination, de confiance et d’humour. J’attire aussi nombre des clients qui partagent les valeurs de ma société et pour lesquels il est aussi facile qu’agréable de travailler avec succès.

Dans la vie de tous les jours, les bénéfices de cet apprentissage sont évidents. Professionnellement, le retour sur investissement de cette pratique est plus grand encore.

Laurence De Cecco, fondatrice et CEO de Blossom Communication

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