Incidences

Traité sur l'interdiction des armes nucléaires: un acte de gouvernement

OPINION. Pour pouvoir utilement «construire des ponts» entre les pays qui ont des vues divergentes sur les prochaines étapes du désarmement nucléaire, il faut garder la confiance de ceux auxquels on s’adresse, écrit notre chroniqueur François Nordmann

L’an prochain se réunira la conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP), pierre angulaire du désarmement nucléaire, qui a lieu tous les cinq ans. Une conférence préparatoire – la troisième – est convoquée à New York pour le 29 avril prochain. Ces réunions se dérouleront dans un climat de sécurité détérioré. La relance de la course aux armements nucléaires, la dénonciation de plusieurs traités de limitation des armes nucléaires ou de leurs vecteurs, le développement de nouveaux engins de haute technologie dotés d’armes atomiques pèseront sur les travaux.

La modernisation des arsenaux nucléaires s’inscrit sur une toile de fond marquée par des tensions régionales et des conflits en Europe, au Proche-Orient et en Asie. On est très éloigné de la fin de la guerre froide, qui avait permis à la Russie et aux Etats-Unis de réduire leurs forces nucléaires de 88%, grâce notamment au traité New Start qui a fixé des limites précises au déploiement de têtes nucléaires (pas plus de 1550), utilisant un maximum de 800 fusées intercontinentales et autres vecteurs.