Éditorial

Traitement de choc nécessaire pour l’OSR

L’audit de gouvernance de l'Orchestre de la Suisse romande tombe à pic pour assainir un terrain miné depuis trop longtemps par des courants contraires

Depuis l’extérieur, l’OSR a des airs de grand corps fragile, voire de malade chronique. Départs accélérés de deux administrateurs généraux, absence de chef pendant plus d’une saison, conflits larvés avec le Grand Théâtre, scission de musiciens en clans, contradictions de la présidente de la fondation: on peut dire que l’audit de gouvernance tombe à pic. Et qu’il était attendu. Et on ne peut que se féliciter d’une décision prise et financée en juillet par la fondation.

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Que peut-on attendre de cette analyse historique de l’Orchestre de la Suisse romande? Que du bien. Car, si le tableau dressé par le bureau de conseil mandaté révèle le fonctionnement vieillissant, voire parfois inadapté, de la deuxième institution musicale de Suisse romande, il constitue une occasion unique de redimensionner la qualité de l’orchestre et de le repositionner dans le XXIe siècle.

Cet audit, qui vise à dépasser les polémiques, ne peut qu’assainir un terrain miné depuis trop longtemps par des courants contraires. Un groupe d’«anti» Florence Notter avait accusé la présidente de la fondation de diriger de façon autocratique et d’interférer dans les domaines artistique et organisationnel, alors même que son engagement total, son énergie, sa créativité, son réseau et sa capacité à trouver des fonds sont très appréciés.

Ce genre de dissensions existe dans de nombreuses entreprises. Mais l’audit souligne que, si la présidente est sortie de son rôle stratégique, c’est qu’elle a été contrainte d’assumer des tâches qui ne lui revenaient pas, en raison de la déficience des administrateurs. L’analyse constitue donc une saine remise en question du fonctionnement de l’institution, que la Ville et l’Etat financent à hauteur de 20 millions par année. L’expertise soulève aussi le rôle de contrôle et de sanction que les autorités n’assument pas toujours. Restent des sujets qui apparaissent de façon soudain criante.

Créer un poste de RH, essentiel dans un ensemble de 134 employés semble le b.a.-ba pour un fonctionnement normal. Améliorer les relations avec le Grand Théâtre est du domaine de l’évidence. Réviser la convention collective de travail, les statuts, refonder un nouveau Conseil de fondation, rehausser le niveau de l’orchestre… Les sujets ne manquent pas. La mise en pratique progressive de ces mesures préconisées par l’audit représentera le meilleur remède pour améliorer la santé de l’OSR et lui redonner, avant son centenaire, le prestige et la réputation qu’Ernest Ansermet avait forgés.

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