Opinion

La transition énergétique: un impératif écologique et démocratique

OPINION. L'énergie est au cœur de la problématique climatique. Depuis la Révolution industrielle, la croissance exponentielle de la consommation d’énergie a contribué au développement économique de nos sociétés occidentales séduites par l’idée du progrès

Economie, politique, société, culture, sport, sciences: les enjeux écologiques traversent toutes les strates de notre société. Comment passer de l’analyse à l’action? Quelle est la part de décisions individuelles et celles qui relèvent de choix politiques? Pourquoi la complexité du défi ne doit pas nous décourager?

Découvrez notre page spéciale d'articles et de vidéos sur le thème de la transition écologique.

Depuis les années 1940, la consommation d’énergie en Suisse augmente sans cesse. Cette évolution repose en grande mesure sur l’importation d’énergie. En effet, environ 80% de l’énergie consommée dans le pays provient de sources fossiles ou nucléaires étant, à défaut de gisements nationaux, achetée à l’étranger. Résultat de ce choix énergétique: la Suisse ne produit dans son territoire qu’un quart de l’énergie dont elle a besoin. Au-delà des considérations sur sa vulnérabilité en matière d’autonomie énergétique, cette composition du mix énergétique suisse a des impacts environnementaux majeurs. Aujourd’hui, en effet, deux tiers de l’empreinte écologique du pays sont imputables à la consommation d’énergie. D’où l’urgence d’un virage énergétique

De quelle transition parlons-nous?

Inspirée des travaux de Lovins, l’association française Négawatt articule la notion de «transition énergétique» autour de trois piliers. Le premier concerne la redéfinition des besoins énergétiques en vue de réduire la consommation d’énergie (sobriété énergétique). Le deuxième se réfère aux améliorations techniques (low ou high-tech) pour diminuer davantage cette consommation (efficacité énergétique). Le troisième pilier, enfin, repose sur le choix de sources renouvelables pour répondre à la demande énergétique plutôt que des énergies fossiles ou nucléaires (substitution énergétique). Cette approche à la transition énergétique met en évidence le caractère social autant que technique d’un tel objectif, qui devient dès lors un projet de société dans lequel la participation de nouveaux acteurs est non seulement possible, mais même souhaitable.

La stratégie énergétique suisse

L’accident nucléaire de Fukushima, en 2011, a ravivé le débat énergétique partout dans le monde, et en Suisse en particulier. Le 21 mai 2017, le peuple suisse a accepté le référendum sur la nouvelle loi de l’énergie. Celle-ci permet le déploiement de différentes mesures pour amorcer une transition libre d’énergie atomique sans augmenter pour autant sa dépendance vis-à-vis de l’étranger. Or, en dehors de l’énergie hydraulique, le développement des énergies renouvelables en Suisse reste encore très faible, en comparaison avec ses voisins. La marge de progression est donc importante et souhaitable même en tenant compte des limites propres aux énergies renouvelables (intermittence, taux de retour énergétique faible, exploitation des terres rares).

La Suisse est-elle alors sur le bon chemin? L’avenir nous révélera si cette stratégie énergétique est à la hauteur des enjeux écologiques actuels et futurs, tant dans ses objectifs que dans les moyens mobilisés. En attendant, cet impératif d’une transition énergétique constitue une occasion de reconsidérer la place de l’énergie au sein de la société et le rôle que les citoyens peuvent y jouer. Un réel enjeu démocratique.


Sur le même sujet:

Publicité